Publié le 2 décembre 2019
Inspirée par un scandale de 1911 quand les responsables d’un établissement du Morvan, mi-orphelinat, mi-prison, furent condamnés pour mauvais traitements infligés aux enfants qu’ils hébergeaient, cette histoire raconte une révolte née grâce à la lecture du « Capitaine Fracasse » de Théophile Gautier. Elle illustre le pouvoir de la littérature sur un imaginaire qui amène une action libératrice.

Pour exprimer cette oppression et cette révolte, La Sarbacane Théâtre a choisi les moyens du théâtre action : elle ne joue pas sur un plateau. Elle joue au milieu du public qui est invité à se répartir sur de petits meubles en bois (bancs individuels ou collectifs, tables) dispersés dans l’espace et susceptibles d’être déplacés, modulés, agencés selon les besoins de la représentation.

Nous sommes au théâtre. Nous allons voir des comédiens jouer des rôles. Certains d’entre nous serons d’ailleurs sollicités par les acteurs pour incarner, ne serait-ce que durant un bref moment, des personnages de fiction. Ceci constitue déjà une façon positive de montrer ce qui différencie le jeu de la réalité.

Car les comédiens ne sont que trois pour jouer une série de personnages. Ils n’ont pas besoin de décor réaliste pour que chacun imagine le lieu du récit. Ils n’ont pas non plus besoin de costumes d’époque. Ni même de leur identité pour qu’une fille joue un garçon ou vice-versa. Seulement quelques accessoires pour aider à retrouver des éléments concrets ou suggérer des symboles.

 

Évasion par l'imaginaire d’une prison tortionnaire

La mise en scène est nerveuse. Les déplacements dans l’espace sont fréquents. Le corps s’implique dans les gestes, les actes. Ainsi montrent-ils les intervenants de l’histoire qu’ils racontent. Les gosses abandonnés par leurs parents, la directrice impitoyable de l’institution et quelques autres. Ils deviennent aussi, après qu’ils ont volé le roman du « Capitaine Fracasse », le trio important (Azelan,  Basque et Fracasse lui-même) qui aspire à un monde différent alors qu’ils n’ont pas le droit de s’amuser, de se distraire, d’espérer.

En divisant leur spectacle en trois parties (la misère – l’amour – la mort), les comédiens résument la vie de chacun. Ils montrent qu’elle n’est pas toujours équitable, que nous avons besoin de rêve et d’idéal, qu’il faut résister contre les oppressions, qu’entre les épreuves chaque être peut grandir et mûrir, que la vie n’échappe pas à la mort. Il apparaît donc qu’il n’y a pas de fatalité mais que la culture ouvre vers des univers nouveaux, qu’elle aide à oser les actes qui permettent de progresser.



Source : www.ruedutheatre.eu Suivez-nous sur twitter : @ruedutheatre et facebook : facebook.com/ruedutheatre
Mons - Belgique Du 01/12/2019 au 02/12/2019 à di 16 lu 10h 13h30 Le Manège 1 rue des Passages Téléphone : 32 (0) 65 39 59 39 . Site du théâtre Réserver  

Fracasse

de Nicolas Turon

Jeune Public
Mise en scène : Odile Rousselet
 
Avec : Laura Zauner, Fayssal Benbhamed, Nicolas Turon

Meubles – Sébastien Renauld;
Direction d’acteurs : Odile Rousselet;
Musique – Shadow Kids et Bird of Prey, par Toxic Kiss (Laetitia Vançon, Sebastien Servais, David L’huillier, Manuel Etienne)
Arrangements – Toxic Kiss & Tom Rocton.
Aide
: TCRM – BLIDA à Metz (57), La Fraternelle – Maison du Peuple de Saint Claude (39), Théâtre Ca respire encore de Nancy (54), Groupe scolaire Marcel Pagnol à Jarny (54), Centre Culturel Pablo Picasso de Blenod les Pont-à-Mousson (54), Association Artistes a la Campagne (25), Môm’Théâtre de Rombas (57).

Durée : 1h05 Photo : © DR  

Production : La Sarbacane Théâtre
Coproduction: Compagnie des Ô

Voir : La révolte des petits colons ( https://www.youtube.com/watch?v=tArfw_TXK7E )

Lire : Emmanuelle Jouet, La révolte des enfants des Vermiraux, Paris L'Oeil d'Or, coll. Mémoires et Miroirs, 2011