Publié le 20 août 2019
Une nuit d'été, des adolescents vivent les pulsions charnelles qui les habitent, se posent des questions sur leur autonomie, leur faculté à aimer, leur pouvoir de séduire.

Ces thèmes éternels d'amour et de sexualité sont rarement abordés de front dans le Théâtre Jeune Public. Ils sont en effet délicats autant qu'esssentiels. Le texte d'Etienne Lepage s'en empare pour les traiter dramatiquement sans interdit, sans provocation, en serrant de près les désirs et les doutes qui habitent l'esprit de la majorité des ados, si pas des adultes.

L'écriture suivra donc des cheminements de pensée qui tournent en rond dans les cerveaux. Leur expression sera de l'ordre du répétitif non seulement chez chacun individuellement mais chez tous puisqu'ils sont à un stade similaire de leur perception du monde, de leurs sensations charnelles, de leurs émotions sentimentales, de leur conflit avec le monde adulte et de ses valeurs souvent paradoxales.

La mise en scène a soin d'éviter tout recours à des démonstrations physiques exhibitionnistes qui transformeraient le propos en voyeurisme simpliste, en superficialité racoleuse. Les comédiens extérioriseront des répliques qui magnifient le sexe, nuancent les écarts entre l'aspiration au plaisir physique et une correpondance possible avec le sentiment amoureux.

Ils le font en se servant de leur corps dans l'espace lors des dialogues et lors des chorégraphies, mi-sauvages, mi-narratives qui marquent des intermèdes entre les grands moments d'action. Leur jeu distancie les pulsions vécues par les personnages en recourant à des ruptures de récit brèves, notamment celles qui situent les repères temporels d'une nuit de pleine lune.

Le spectateur perçoit les méandres de la réflexion, du rapport à la morale, des contradictions ressenties entre coucheries et amours, entre jouissance sensuelle et enrichissement spirituel. Et cela avec un minimum de décor, d'accessoires, d'astuces visuelles ou sonores.

La réussite est plénière. On ne peut qu'y adhérer, d'autant qu'elle actualise le marivaudage en abordant ce qui n'est pas exprimé dans la tradition, qu'elle rend au 'dépit amoureux' si fréquent chez les auteurs classiques une violence dans l'agir généralement reléguée du côté du non-dit.

 



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Huy - Rencontres Théâtre jeune Public - Belgique Du 18/08/2019 au 19/08/2019 à D 20h L 10h Salle de l’École normale Avenue Delchambre Téléphone :  00 32 42 37 28 80 . Réserver  

Robin et Marion

de Étienne Lepage

à partir de 14 ans Jeune Public
Mise en scène : Collectif
 
Avec : Pierrick De Luca, Thomas Delphin-Poulat, Candice Guilini, Camille Husson

Création sonore David Votre Chazam
Création Lumières Michel Delvigne
Soutien chorégraphie Milton Paulo
Soutien scénographie Marine Fleury
Regard extérieur Yannick Duret
Conseils dramaturgie Anne Thuot

Durée : 1h20 Photo : © Nicolas Bomal  

Production : Darouri Express
Coproduction :  le 140 (Bruxelles), Pierre de Lune,
Soutiens : CTEJ,  COCOF,  Mars - Mons arts de la scène, L’Ancre (Charleroi), Lookin’Out, Le Mercelis, Remerciements : Line Guellati, Marion Lory, La Montagne Magique.