Publié le 11 juin 2019
6 heures sur 3 jours, ce n’est pas assez. Mais suffisant pour réaliser ô combien ce genre d’initiative - financée par une seule et même ville qui croit dur comme fer aux bienfaits de la culture - est essentielle dans la vie citoyenne. Retour sur « Parade(s) », un festival des arts de la rue qui met en joie les rues de Nanterre. Depuis 30 ans maintenant.

Le mois de juin, on le sait, c’est le mois des festivals. Ils nous tombent du ciel telles ces giboulées anachroniques que le soleil d'Île-de-France a décidé de ne pas chasser. Parmi ce choix pléthorique, nous en avons retenu un, le plus inattendu. Parade(s), un événement désormais incontournable dans le département des Hauts-de-Seine.

De la musique ? Non, uniquement des arts de la rue, dans l’hyper-centre, plutôt charmant, de Nanterre. À chaque coin d’immeuble, du cirque, de la marionnette, du jonglage, de la danse, du théâtre de rue, des installations, des spectacle musicaux… En représentation continue, pendant 3 jours. Au total, plus de 40 compagnies présentes et 250 artistes venus des quatre coin du monde.

Une programmation ambitieuse, mais surtout festive. C’est en tout cas l’énergie qu'a voulu lui donner Mélanie Duplenne, sa nouvelle programmatrice. Lorsque nous tombons nez à nez sur elle en ce dimanche, elle en profite pour nous expliquer que trente ans d’existence, ça se fête. Et pas qu’un peu. Trois grandes soirées ont ainsi réuni un public nombreux (et extra-local) venus danser et trinquer à l’air libre dans le parc verduré des anciennes mairies, tout près de la Maison de la Musique. Au cours de ces 6 heures nanterriennes, nous avons apprécié la haute voltige de la compagnie Les Quat’ fers en l’air. Deux artistes joliment imbriquées qui tentent d’atteindre, telles deux sisyphes guillerettes, un sommet d’où elles plongent sans cesse.

Fiesta nanterrienne

Au gré de nos hasardeuses déambulations, nous avons ensuite suivi Monsieur Li, marionnette géante au visage aussi clownesque que disgracieux qui, d’un pas chancelant, s’est amusé à interagir avec des badauds surpris, amusés et parfois, effrayés. Puis, nous nous sommes pressées pour arriver pile à l’heure à la performance jonglée de la compagnie Happyface. Mais la foule s’étant donnée le même rendez-vous, nous avons été relégués à un rang bien trop lointain pour profiter du spectacle. Néanmoins assez proche pour percevoir la chute involontaire de l’un des artistes et l’interruption abrupte de la représentation.

Poussés par notre amour pour la marionnette, nous avons filé vers l'Espace amitié et loisirs des seniors de la ville de Nanterre pour découvrir, assis au coin d’un arbre, l’ingénieuse création de la compagnie La Cour Singuliière. Une petite fable d’objets grinçante sur deux maux contemporains : la xénophobie et l’urgence de posséder. Entre temps, nous nous sommes faits emportés dans une tempête révolutionnaire par Le Collectif du Prélude, une bande d’acolytes révoltés et itinérants déterminés à nous faire vivre un moment collectif. Avec un dispositif ingénieux, sonorisé ça et là, mais trop d'agitation scénique. Sans oublier, ce duo acrobatique qui, sur un seul et même vélo, nous ont proposé un concert rock techniquement réussi, malgré une narration claudiquante.

Et c’est à peu près tout. Il aurait fallu rester deux jours de plus pour prendre l'ampleur de Parade(s), rencontrer d'autres troupes, participer aux ateliers de fabrication de pain bio et de sérigraphie… Bref, pour profiter de cet avant-goût sucré du festival d'Avignon.



Source : www.ruedutheatre.eu Suivez-nous sur twitter : @ruedutheatre et facebook : facebook.com/ruedutheatre