Toine et Kmel n'en sont ni à leur premier spectacle, ni à leur premier duo. Sur scène, c'est avant tout la perfection de cette complicité artistique qui ressort. Le plateau dépouillé est leur terrain de jeu, la musique est la ponctuation qui vient toujours à point pour remplir son rôle dans l'action, les deux chaises sont leur banc de sans-abri, leur voiture, leur avion (sans oublier les deux balais, ailes indispensables pour s'envoler),...
Le quotidien vibre dans leurs corps, l'absurde sort de leurs têtes de bêtes de scènes intelligentes. Ils recréent des univers et nous y emmènent, nous plongent dans des images que l'on reconnaît tous, mais si agréables à applaudir quand elles sont parfaitement représentées par le mime.

Le rire est omniprésent, il accompagne la duelle complétude des clowns aux gestes précis, aux mouvements synchronisés. Mais l'émotion poétique balance le rire pur.
Le spectacle est équilibré, plein de partage avec le public, rempli d'idées toutes neuves pour mettre en scène le corps et les situations de la vie, de la rencontre de deux futurs amis autour d'une dispute, jusqu'à leurs rêves d'évasion communs.
Du chapeau emmené à l'hôpital car il va accoucher aux pêcheurs qui se retrouvent poissons dans un aquarium, le parcours des deux mendiants se fait dans une semi-réalité que tout le monde accepte, entre le grand sourire, l'étonnement et les larmes. De la qualité, à voir et à revoir.






