Publié le 16 juin 2010
"Plagiat", de Lola Breton et Mathilde Ramade, est une petite pièce tout à fait divertissante. Conçue comme un hommage au cinéma de la Nouvelle vague, elle raconte la déchirure progressive d'un couple qui finit dramatiquement. On sourit, on s'émeut et on passe un agréable début de soirée.

Elle, concentrée sur sa machine à écrire, confortablement calée dans un fauteuil à l’avant-scène. Lui, allongé sur un canapé au fond, complétant tranquillement une grille de mots croisés. Au mur, une affiche annonce Mistinguett au Casino de Paris.

Nous sommes au début des années 60, dans l’appartement d’un jeune couple. Ils se cherchent, se testent, se taquinent et tentent de s’aimer. Mais surtout, ils jouent, dans tous les sens du terme. Les éclats de rire, les moqueries, la simulation, la dramatisation. Ces deux-là ont un besoin irrépressible de se faire rassurer, lui sur sa virilité, elle sur sa féminité. Ils s’inventent des jeux pour pimenter leur vie de couple, pour tromper l’ennui qui les guette. Lorsqu’ils interprètent le scénario érotique du stewart et de sa belle passagère, la situation leur échappe.

Couple submergé par une Nouvelle vague

Lola Breton et Mathilde Ramade ont écrit cette pièce pour rendre hommage au Cinéma de la Nouvelle Vague. C’est peut-être dans cette décortication « à vue » de la relation amoureuse, sans faire ellipse du moindre ressort psychologique, rappelant au spectateur qu’il est bien au théâtre, que l’intention est la plus visible. L’omniprésence de la question du jeu et de la réalité, est également très « Nouvelle vague ». A noter quelques trouvailles pour coller au thème, comme lorsque la jeune fille redécore l’appartement, et qu’au verso de l’affiche de Mistinguett se cache celle de La Goulue.

Ce spectacle, malgré quelques longueurs, est divertissant. Les deux comédiens s’en sortent honorablement, avec une mention spéciale pour Julien Urrutia, qui fait sourire dans le rôle du poète raté. La pièce gagne à être jouée dans la petite salle intimiste du Pixel, qui facilite la concentration du spectateur sur l’action. Dommage pourtant que les éclairages n’aient pas également été pensés en fonction du peu d’espace et semblent donc anarchiques. La pièce décolle vraiment dans la dernière scène, forte et violente, où le couple perd totalement pied dans un scénario qu’il a lui-même monté.

le 20 février 2011 à 12:01
De : Un spectateur... Titre : Plagiat... ? Quel titre! Cette pièce m'en rappelle étrangement une autre de Ophélie Grevet-Soutra:" Les géraniums" représentée pendant un mois et demi au Petit Voltaire à Paris,avec Isabelle Patey, Sabine Lenoël et Eric O'Connor. Sans doute une coïncidence, à moins que le titre n'ait été choisi justement pour souligner la vacuité actuelle d'un monde artistique,qui ne trouve son inspiration que dans l'univers artistique des autres. Mots croisés... mots volés, triste créativité.
le 28 février 2011 à 14:24
De : Marie Gerhardy Titre : Intéressant! Je ne connais pas la pièce dont vous parlez. Date-t-elle d'avant ce spectacle? Peut-être pouvez-vous en référer au Théâtre Pixel?
Plagiat
Paris Du 15/05/2010 au 19/06/2010 à 19h45 le samedi. Théâtre Pixel 18, rue Championnet 75018 PARIS Téléphone : 01 42 54 00 92. Site du théâtre Réserver  

Plagiat

de Lola Breton, Mathilde Ramade

Théâtre
Mise en scène : Jean-Christophe Legendre
 
Avec : Leslie Aupin, Julien Urrutia
Durée : 1h20 Photo : © DR