Quatre jeunes artistes venus du cirque mettent en commun leurs numéros. Ils sont acrobates, monocyclistes, jongleurs. Ils utilisent leur art pour devenir poètes du mouvement, magiciens d’atmosphères à la fois ludiques et oniriques. Dans leurs habits colorés, ils paradent sans forfanterie avec la simplicité des enfants qui jouent.
Le décor a ses énigmes. Il est comme ces greniers d’autrefois où les gosses trouvaient quelque vieille malle dans laquelle se dissimuler, d’où sortir des jouets désuets et chargés de souvenirs, autour de quoi il était possible de se déguiser afin de devenir des personnages. Dans ce décor-là, on court, bondit, disparaît, réapparaît. On y vit dans le ciel et on en tombe avec grâce. On sort des coulisses et on se sert de balles ou de diabolos pour oublier que la vie est parfois pesante.
Nul besoin de mots pour raconter une histoire qui n’en est finalement pas une. Car les séquences s’enchaînent avec une fluidité de féérie. Chacun y va de sa spécialité et chacun profite pour en emprunter un peu à ses partenaires. Au diable vauvert l’agressivité ! Ici les affrontements sont de connivence, de sourire complice et de défi sans compétition. Ni plus fort ni plus faible, mais des individus en train de se réunir de façon à additionner leurs talents, leurs trouvailles.

Couleurs, mouvements, inventivité
Peu d’effets spectaculaires. Uniquement de petits gags amusés et amusants, des inventions enfilées les unes derrière les autres, agrémentées de petites touches de touche à tout. Un igloo deviendra crinoline, un nuage abritera un nid, un mât défiera les lois de l'équilibre, un coffre s'offrira des allures d'aquarium, des balles feront office de grêlons... Il y manque sans doute des caractères à diversifier qui, en typant davantage chaque protagoniste, ajouteraient une dimension théâtrale qui fait un peu défaut.
Ce qui est évident, c’est que les spectateurs sortiront avec plein de rêves dans la tête. La dernière séquence où le quatuor joue les ballerines sur monocycles donne une dimension étrange à une chorégraphie limpide, sortie d’un songe éveillé dans lequel les êtres semblent flotter au-delà de toute réalité.
Michel VOITURIER, Bruxelles













