Publié le 9 mars 2010
Fabrice Melqiuot signe, pour le TNBA, sa première mise en scène – et nous replonge dans l’univers destroy et coloré des années 1980.

 

Sur la scène de l’atelier de création du Théâtre National Bordeaux Aquitaine (TNBA), quelques objets évoquant les années 1980, éparpillés à même le sol : des rubik’s cubes, des 45 tours, deux guitares customisées. Impression de bric-à-brac pas tellement esthétique. Qu’importe, le ton est là.

« Tarzan boy » parle d’adolescence, d’insouciance, raconte une joyeuse époque où perfecto en cuir et levis 501 était mot d’ordre. Ce texte de Fabrice Melquiot évoque, avec une sensibilité teintée de nostalgie, la jeunesse passée, les premiers amours, l’insouciance. « La vie à Modane dans les années 80, la fermeture des usines, les bars et les bars et les bars, Reagan et Thatcher, des airs pops et pauvres, les perruques fluo ».

Quatre comédiens évoluent dans cet univers rythmé par les chansons de Baltimora et les dédicaces des disc-jockeys.

Belle complicité

Artiste associé au théâtre de la ville, Fabrice Melquiot s’essaie ici à la mise en scène. Un résultat parfois maladroit, souvent touchant. Entre les comédiens, la complicité est évidente - Elsa Rozenknop est à la fois mère, complice, amour d’enfance (trop belle Betty qui « n’embrasse pas la première année »), pote de la bande. Fabrice, dont nous suivons les drôles de péripéties, se dédouble : Guillaume Ravoire campe un adolescent agité et maladroit. Fabrice adulte, qui se rappelle avec mélancolie ses plus belles années, est incarné par un Daniel San Pedro remarquable de justesse et de sobriété. Paul-Marie Barbier accompagne ces trois là, tantôt musicien (guitare et vibraphone), tantôt acteur.

Résultat mitigé

Une pièce encore à l’état de chantier ? Le rendu est brouillon, désordonné. Et pourtant, quelques moments de grâce sur le plateau : la transformation de Betty en une blanche créature contorsionnée sur un écran teinte vermillon – symbole de la virginité dérobée, du passage à l’âge adulte.

Tarzan mériterait peut-être de se distancer d’un trop-plein d’énergie pas toujours convaincant – pour entrer, lui aussi, dans l’âge adulte.

 

Daphnée BREYTENBACH, Bordeaux

Tarzan Boy

de Fabrice Melquiot

Théâtre
Mise en scène : Fabrice Melquiot
 
Avec : Elsa Rozenknop, Guillaume Ravoire, Daniel San Pedro,

Musicien : Paul-Marie Barbier, guitare et vibraphone

Création son : Nicolas Lespagnolrizzi

Création lumière : Pascale Bongiovanni

Création costumes : Läetitia Oggiano

Conseil chorégraphique : Marion Levy

Travail graphique : Jeanne Roualet

Production, diffusion : Mélanie André-Maussion

 

 

Production : Bonlieu, scène nationale d’Annecy / CDDB-Théâtre de Lorient, centre dramatique national / Centre national de création et de diffusion culturelles-Châteauvallon / L’Association Ci-jointe / Avec le soutien du conseil général de Seine-Saint-Denis, la ville de Modane