Un homme debout
Publié le 8 mars 2010
Ancien détenu, condamné pour violence et meurtre, Jean-Marc Mahy raconte ses souffrances, ses révoltes, ses angoisses. Spectacle vu au Théâtre de L'Ancre à Charleroi (Belgique) lors du Festival Kicks.

« Un homme debout » est par essence un spectacle atypique. Il est confession autobiographique d’un individu mais aussi mise en représentation d’un personnage incarné par lui-même. Il appartient donc de manière ambiguë à la performance, à la conférence, à un seul en scène. Il est documentaire réaliste et fiction transposée par l’ellipse du temps.

Il combine la sincérité du discours direct quasi brut, éprouvant, émouvant et la fabrication d’une interprétation par un comédien qui élabore son jeu avec un metteur en scène. Il est catharsis pour celui qui se met en danger sous les projecteurs et devrait l’être pour les gens qui le regardent assis dans leurs fauteuils.

Le parcours de vie de Mahy est chaotique. Il tombe dans la délinquance très jeune. Il s’embarque dans des aventures violentes au point de finir par être accusé de meurtre. Il passe 18 années de son existence derrière les barreaux de différents pénitenciers. Il éprouve la solitude absolue. Celle de la famille qui renie, celle des incompréhensions du système judiciaire et pénal depuis les interrogatoires jusqu’au jugement du tribunal, celle des cellules d’isolement où on est coupé du monde extérieur et de son évolution.  Celle de celui qui a appris qu’en prison « on peut tout se procurer sauf de l’aide ».

À l’intérieur du rectangle blanc symbolique qu’il a tracé lui-même sur le plateau dès son entrée au moyen de ruban adhésif, Mahy adulte retrace les épisodes de la biographie de Mahy ado. Il va et vient dans cette cellule imaginaire, fauve en cage, désespéré cloîtré au point de songer au suicide, révolté privé de moyens d’expression, angoissé par des questions sans réponses, dépossédé de contacts avec les hommes et les événements. Il raconte tandis que par intermittence des images vidéo de prisons, des fantasmes concrets créent un décor fluctuant.

 Confession document en vue de réinsertion

Entretenir l'espoir

La seule force qu’il conserve plus ou moins intacte, c’est l’espoir. Un espoir qui va s’accrocher, après quelques années de vide total, à une Bible abandonnée par un aumônier, puis à une radio dont il peut enfin disposer. Grâce à elle, il renoue avec le monde. Il se donne une culture que ses études interrompues après les primaires ne lui avaient pas donnée. C’est Eve Ruggieri qui le mène vers la musique. C’est Jacques Pradel et d’autres qui apportent des bribes hétéroclites de savoir. C’est la voix sensuelle de Macha Béranger qui répond aux paumés de la nuit…

La lecture l’emmène aussi plus haut. Il lit Simenon, l’épopée du bagnard Papillon et n’importe quoi que fournit la bibliothèque du lieu. Il parvient à trouver un partenaire pour jouer aux échecs à travers les murs de sa cellule. Il aboutit à ce que quelqu’un lui avait prédit : « Quand tu auras appris à te connaître, il te faudra tomber ton masque ». Peu à peu il tire la conclusion qu’il est le seul coupable de ce qui lui est arrivé. Il parvient à comprendre et assumer sa responsabilité.

Libéré, il ne trouve évidemment que des boulots précaires. Il a néanmoins aujourd’hui, à 42 ans, la possibilité offerte de passer de l’autre côté en devenant éducateur dans un centre fermé pour mineurs délinquants. Il tire de tout cela une morale qu’il prêche au public, surtout jeune, pour que d'autres ne chutent pas comme il a chuté.

L’ambigüité subsiste tout au long du spectacle. Nous savons ce qu’il a commis réellement et nous le voyons mimer aujourd’hui son passé. Nous passons de la réalité agressive au didactisme sobre de la réalisation par Jean-Michel Van den Eeyden. Nous sommes sensibles à la sincérité du propos dépouillé en final de tout manichéisme et conscients de l’une ou l’autre maladresse d’interprétation de celui qui n’est pas comédien professionnel. Demeurent ses derniers mots, résumant en quelque sorte la démarche, mots qui expliquent qu’il ne viendra pas saluer, par respect pour ses victimes.

Michel VOITURIER, Bruxelles

le 3 mai 2010 à 13:50
De : Janssens Titre : Jean Marc Mahy Bonjour. Je suis coordinatrice des éducateurs de rue de Schaerbeek et dans le cadre de nos activités de prévention, nous souhaiterions rentrer en contact avec monsieur Jean-Marc Mahy. Pourriez-vous nous transmettre un numéro de téléphone ou une adresse mail afin qu'on puisse lui proposer une rencontre avec nos jeunes.Merci
le 5 mai 2010 à 6:07
De : Voiturier Titre : Jean-Marc Mahy Prenez contact avec le Théâtre de l'Ancre à Charleroi (071 314 079 ou info@ancre.be)
Tournai - Belgique Du 02/03/2010 au 10/03/2010 à 20h Maison de la Culture Esplanade George Grard, boulevard des Frères Rimbaut, 7500 Tournai Téléphone : +32 (0)69 25 30 80. Site du théâtre   Charleroi - Festival de Liège 2010 - Belgique Du 25/01/2011 au 05/02/2011 à 25-28: 14h 1-5: 20h30 Théâtre de l’Ancre 122 rue de Montigny Téléphone : +32 (0)71.314.079. Site du théâtre Réserver   Paris Du 27/04/2011 au 15/05/2011 à ma-ven 20h sam 19h dim 16h Maison des Métallos 94 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011Paris Métro Saint-Maur/ Parmentier Téléphone : 01 47 00 25 20. Site du théâtre Réserver   Avignon - Festival Off 2011 Du 08/07/2011 au 28/07/2011 à 2h45 La Manufacture 2 rue des Écoles 84000 Avignon Téléphone : 04 90 85 12 71.   Flémalle (Liège) - Belgique Le 27/09/2011 à 19h Centre culturel Rue du Beau Site 25 Téléphone : 00 32 (0)4 275 52 15. Site du théâtre Réserver   Marche-en-Famenne - Belgique Le 06/10/2011 à 20h15 Maison de la Culture Famenne-Ardennes Chaussée de l’Ourthe 74 Téléphone : 084/ 314.689. Site du théâtre Réserver   Mechelen (Malines) - Belgique Du 01/12/2011 au 02/12/2011 à 20h30 K C Nona Begijnenstraat 19-21 Téléphone : +32 (0)15 203780. Site du théâtre Réserver  

Un homme debout

de Jean-Marc Mahy, Jean-Michel Van den Eeynde

Théâtre
Mise en scène : Jean-Michel Van den Eeynde
 
Avec : Jean-Marc Mahy

Texte : Jean-Marc Mahy, Jean-Michel Van den Eeyden
Assistanat à la mise en scène et à l’écriture : Nicolas Mispelaere
Création vidéo : Kurt D’Haeseleer
Réalisation graphisme : Jean-Luc Moerman
Régie : Abdel Bellabiad
Lumières : Calogero La Verde
Accompagnement psychologique de l'acteur : Françoise Dero

Durée : 1h20 Photo : © Loupix  

Production : L’Ancre (Charleroi)

Coproduction : Théâtre National de la Communauté française Wallonie-Bruxelles  - Maison de la Culture de Tournai

Soutien : GSARA et La Cité, Maison de Théâtre & Compagnie (Marseille)

En tournée : au Théâtre National (Bruxelles) durant la saison 2010-2011

A lire: une comparaison est possible avec deux autres monologues de meurtriers. Le premier "L'Enseigneur" de J-Pierre Dopagne (éd. Lansman) raconte l'histoire purement fictive d'un prof qui flingue sa classe et pour purger sa peine joue son personnage tous les soirs sur scène. L'autre "Carte d'identité" de Diogène Ntarindwa (éd. Lansman) appartient à l'autobiographie de l'auteur interprète qui raconte notamment sa vie d'enfant soldat au Rwanda mais à la manière d'un seul en scène avec des épisodes humoristiques.