Burn Baby Burn... C'est par ces trois mots que la pièce commence, et c'est sur eux qu'elle se clôt. Le narrateur, dans un angle de l'avant-scène, récite de sa voix caverneuse les didascalies qui comptent pour beaucoup dans l'imaginaire du spectateur.
A l'arrière-plan un écran panoramique diffuse en continu la vidéo d'herbes folles mues par un vent inaudible. Dans la lande de cette contrée indéterminée, une station-service est symbolisée par une pompe à essence. Hirip, jeune femme-enfant, attend sous le soleil ardent, assise auprès d'un unique poteau, le passage de conducteurs masculins ; mais c'est Violette qui surgit.
Les caractères opposés de ces deux jeunes femmes s'entrechoquent jusqu'à un terrain d'entente : le rêve. Hiripe est romantique et mythomane, quand Violette ne croit plus en rien et deale de la drogue. Mais les jeunes femmes jouent à se chamailler, et se liguent -pour de rire...- lorsque surgit le livreur de pizza.
Le rire débouche sur le pire : un meurtre. A moins que tout cela n'ait été qu'un rêve, une parenthèse dans un monde utopique que le narrateur referme en reprenant, de sa voix rocailleuse, l'obsédant refrain : "Burn, baby burn...".
Quelque simplissime qu'il soit, le dispositif scénographiquye n'en est pas moins charmant ; le faible éclairage souligne par la chaleur de teintes orangées le jeu des actrices et de l'acteur. Leur âge réel n'est pas celui des personnages, peut-être, à l'exception du livreur de pizza. Et pour autant, ce sont bien deux très jeunes filles qui évoluent sous nos yeux, tant le jeu est frais et sincère.
C'est une jolie pièce que ce "Burn Baby Burn" dont le texte est relevé par une mise en scène d'autant plus touchante qu'elle est sans prétention. Une petit bijou très simple dont le Studio de la Comédie Française est le (superbe) écrin.
Cristine REINE, Paris












