Arrêtez le monde, je voudrais descendre
Publié le 4 mars 2010
La troupe du Théâtre Dromesko accompagnée de son bestiaire favori, nous entraîne dans un spectacle qui mêle délicieusement les genres. Théâtre, danse et cirque s’entremêlent dans une atmosphère onirique et loufoque qui dépeint une condition humaine assez mal en point.

Une baraque en bois, plantée au milieu du Parc Georges Brassens. Sur scène quelques protagonistes discutent, assis autour d’une table. Chacun a son animal de compagnie. Pour l’un c’est un âne grisonnant, pour l’autre un cochon bien repaît pour n’en citer que quelques uns ! Ce petit monde pittoresque attend l’arrivée d’un drôle de médecin qui va les faire passer de l’autre côté. Cet autre côté c’est un manège qui, tout au long de la pièce, va s’habiller et se déshabiller de décors inattendus, créant ainsi une multitude de lieux et d’atmosphères différentes.

Le carrousel tourne et tourne encore. Il nous dévoile les multiples facettes de la troupe du Théâtre Dromesko. Dans un joyeux désordre ceux-ci enchainent leurs numéros. Danse, cirque, chant, théâtre se relayent dans un méli-mélo des genres réjouissant.

Le drôle de manège de la vie

Un souffle de poésie

On passe allègrement des noces dont l’époux est un marabout au nœud papillon bien en place, à l’étreinte dansée de deux amoureux bercés par le son d’un vieux musicien aux ailes d’ange, à la déambulation d’une femme en robe blanche immaculée qui se laisse effeuiller de ses habits par un cortège d’individus en imperméables grisés et masques d’animaux. Loufoquerie, merveilleux et étrange se conjuguent pour dépeindre un monde inquiétant qui va à vau-l'eau.

La virtuosité avec laquelle les décors se font et se défont et l’esthétisme captivant de l’ensemble- les lumières dansent à la manière d’ombres chinoises sur le public- permet l’esquisse d’un univers où l’imaginaire ne connait pas de frontières. La féérie descend par petites touches sur la scène. Elle est un écrin doré qui sert à adoucir la vision de l’homme dessiné sous un jour peu reluisant. Celui-ci en vient même à acquérir une familiarité dérangeante -qui va parfois jusqu’à la ressemblance- avec l’animal qui sans cesse l’accompagne.

Le spectacle se termine sur une note festive, au son d’accords tziganes. Le manège s’arrête finalement. Dommage on repartirait bien pour un tour.

Anne CLAUSSE, Paris

Paris Du 02/02/2010 au 06/03/2010 à 20h30 Théatre Silvia Monfort Le Monfort | Théâtre 106, rue Brancion, 75015 Paris | 01 56 08 33 88 Parc Georges Brassens | M° Porte de Vanves (ligne 13) Bus 58 / 62 / 89 / 95 | 191 | Tramway T3 station Brancion Stations Vélib’ : 122 rue Brancion, M° Porte de Vanves, 40 bis & 37 rue des Morillons Téléphone : 01 56 08 33 88. Site du théâtre Réserver  

Arrêtez le monde, je voudrais descendre

Théâtre
Mise en scène : Igor et Lily
 
Avec : Lily, Igor, Violeta Todό-Gonzalez, Monique Brun, Baptiste Blegbo, Zina, Louis Yerly Et en alternance David Bursztein / Charlie Nelson / Marcial Di Fonzo Bo / Jean-Michel Mouron / Jean-Marc Stehlé Interprétation musicale Lily (chant), Igor (accordéon), Sandor Berki (contrebasse), Jenö Sorös (cymbalum), Janos Sandor (violon), Revaz Matchabeli (violoncelle)

Interprétation musicale : Lily (chant), Igor (accordéon), Sandor Berki (contrebasse), Jenö Sorös (cymbalum), Janos Sandor (violon), Revaz Matchabeli (violoncelle)

Construction décor : Louis Yerly, Philippe Cottais, Wouter Zoon, Bernard Chansel

Costumes : Cissou Winling

Assistante costumes : Catherine Sardi

Stagiaire costumes : Anita Perraudin

Accessoires / Sculptures : Fabienne Killy / Anne Leray

Masques : Fredericka Hayter assistée de Joséphine Biereye et Sophie Lascelles

Toiles peintes : Catherine Rankl, Matthieu Lemarié

Lumière : Ronan Cabon

Son : Philippe Tivillier

Durée : 1h45 Photo : © Christian Berthelot