Critique - Théâtre - Paris
Arrêtez le monde, je voudrais descendre
Le drôle de manège de la vie
Par Anne CLAUSSE
Une baraque en bois, plantée au milieu du Parc Georges Brassens. Sur scène quelques protagonistes discutent, assis autour d’une table. Chacun a son animal de compagnie. Pour l’un c’est un âne grisonnant, pour l’autre un cochon bien repaît pour n’en citer que quelques uns ! Ce petit monde pittoresque attend l’arrivée d’un drôle de médecin qui va les faire passer de l’autre côté. Cet autre côté c’est un manège qui, tout au long de la pièce, va s’habiller et se déshabiller de décors inattendus, créant ainsi une multitude de lieux et d’atmosphères différentes.
Le carrousel tourne et tourne encore. Il nous dévoile les multiples facettes de la troupe du Théâtre Dromesko. Dans un joyeux désordre ceux-ci enchainent leurs numéros. Danse, cirque, chant, théâtre se relayent dans un méli-mélo des genres réjouissant.

Un souffle de poésie
On passe allègrement des noces dont l’époux est un marabout au nœud papillon bien en place, à l’étreinte dansée de deux amoureux bercés par le son d’un vieux musicien aux ailes d’ange, à la déambulation d’une femme en robe blanche immaculée qui se laisse effeuiller de ses habits par un cortège d’individus en imperméables grisés et masques d’animaux. Loufoquerie, merveilleux et étrange se conjuguent pour dépeindre un monde inquiétant qui va à vau-l'eau.
La virtuosité avec laquelle les décors se font et se défont et l’esthétisme captivant de l’ensemble- les lumières dansent à la manière d’ombres chinoises sur le public- permet l’esquisse d’un univers où l’imaginaire ne connait pas de frontières. La féérie descend par petites touches sur la scène. Elle est un écrin doré qui sert à adoucir la vision de l’homme dessiné sous un jour peu reluisant. Celui-ci en vient même à acquérir une familiarité dérangeante -qui va parfois jusqu’à la ressemblance- avec l’animal qui sans cesse l’accompagne.
Le spectacle se termine sur une note festive, au son d’accords tziganes. Le manège s’arrête finalement. Dommage on repartirait bien pour un tour.
Anne CLAUSSE, Paris









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