C'est à la Ferme du Buisson, scène nationale de Marne-la-Vallée, que le chorégraphe Daniel Larrieu et sa compagnie Astrakan ont montré leur dernière création,« Lux », le week-end du 13 février dans le cadre du festival « Hors saison » d'Arcadi. Un spectacle tonique, servi avec alacrité par une troupe de neuf interprètes en groupe ou en solos, avec des moments poétiques, drôles, inattendus sur une bande son très chaloupée et un dispositif scénique ingénieux. Le chorégraphe s'explique sur son rapport à la peinture.
Quelle est la genèse de « Lux » ?
« Lux » est le fruit d'un travail de trois ans fait d'expériences sur le paysage chorégraphique à partir du tableau de Vermeer « Femme en bleu lisant une lettre». Un projet en six épisodes qui ont pris la forme de rendez-vous publics hors-champ de la représentation théâtrale classique. Ce sont autant de propositions chorégraphiques uniques menées dans des « paysages » spécifiques (bord de mer, espace inter-urbain, jardins…) comme au Havre face à la mer, à Dijon dans le cadre du Festival Entre Cour et jardins, ou au Lieu d’art contemporain de Sigean. Toutes ces expériences ont été resserrées pour former un spectacle sur un plateau de scène plus traditionnel.
Vous êtes toujours très inspiré par la peinture...
Oui, c'est d'ailleurs du vocabulaire de la peinture qu'est issue la notion de paysage chorégraphique. C'est sur ce que j'appelle le paysage de l'intime que démarre mon travail. La danse est toujours une manière d'ouvrir de l'espace et du temps. Le tableau « Femme en bleu lisant une lettre » raconte une distance entre celui (ou celle) qui écrit et celle qui lit la lettre. Et puis il y a une autre allusion à la peinture au fond du plateau : un miroir de sorcière qu'on voit dans beaucoup de tableaux hollandais.
La pièce comporte aussi beaucoup de textes lus...
Oui, nous avons demandé des textes à Thierry Illouz sur l'exil, à Marie Nimier et à Christophe Huysman qui ont imaginé le contenu de la lettre lue par la femme en bleu. Mais cette dimension très narrative du spectacle est toujours dansée, incarnée.
Noël TINAZZI, Paris










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