Orgueil, poursuite et décapitation
Publié le 23 février 2010
Du haut de ses quatorze ans, la compagnie « Tire pas la nappe » fondée par Marion Aubert, auteure et comédienne, présente des pièces « désordres » sur des sujets à connotation familiale. Elle vient de présenter au Théâtre des Treize Vents à Montpellier sa dernière création, toujours bien déjantée, « Orgueil, poursuite et décapitation ».

Pour la sixième fois, Marion Guerrero met en scène les écrits de l’autre Marion, Aubert exactement. Elles font la paire. Même fulgurance dans la façon de mettre "en jeu" et grande force créative. Marion Aubert est une jolie femme, posée, aimable. Cette auteure de théâtre est donc aussi une comédienne au parcours sans faute. Issue du conservatoire de Montpellier dirigé par Ariel Garcia-Valdès, elle est de celles qui savent s’emparer de leur sujet avec un ton vif et une verve douce-amère, voire cruelle.

Marion Aubert dresse ici onze tableaux familiaux où elle ne laisse rien passer dans les vies de ces mesdames et messieurs "tout l'monde". Le décor amovible, peuplé d’armoires roulantes et pivotantes, est agencé façon années 70, époque sensée marquer la libération de la femme. Mais de l’avis même de cette trentenaire qui ne mâche pas ses mots, la place des femmes dans la société n’a pas bougé d’un poil !

La voilà donc dans "Orgueil, poursuite et décapitation" -un sacré titre programme- à la fois comédienne et narratrice de cette famille Chonchon où tout est prétexte à scénettes souvent bien appuyées dans la déconnade, façon instantanné un peu cliché ou sketch délirant. Certes, la femme est au coeur du débat, campée sous toutes les coutures : la mariée, la belle-fille parfaite, la belle-mère sadique, la grand-mère frustrée, la maîtresse, la mère hystérique, anxieuse, la mère-poule, etc…

Dans cette famille 'nombreuse', les comédiens se régalent manifestement à peindre des tranches de vie à la hache au point de provoquer des rires compulsifs dans public. Quoiqu’en disent les hommes : la progéniture y apparait parfois comme le meilleur allié de la domination ... masculine ou féminine.

Cette histoire peut paraître branquignolesque, presque caricaturale, mais personnne n’y est excusé d’avance. Et l'on pense au constat dressé dernièrement par la philosophe Elisabeth Badinter dans son ouvrage "Le conflit, la femme et la mère". Il confirme la pertinence d’un sujet toujours ancré dans son époque. Longue vie à "Orgueil, poursuite et décapitation".

Christelle ZAMORA, Montpellier

Montpellier Du 09/02/2010 au 12/02/2010 à 19h (Ven à 20h45) Théâtre des Treize Vents 2733 Avenue Albert Einstein 34000 Montpellier Téléphone : 04 67 99 25 25. Site du théâtre Réserver   Sète Du 04/05/2010 au 05/05/2010 à 20h30 Scène Nationale Av. Victor Hugo 34200 Sète Téléphone : 04 67 74 66 97. Site du théâtre Réserver   Valence Du 26/05/2010 au 27/05/2010 à 20h Théâtre Bel Image 1, Place Huguenel 26000 Valence Téléphone : 04 75 78 41 70. Site du théâtre Réserver   Forbach Le 11/05/2010 à 20h Le Carreau, scène nationale de Forbach Avenue Saint-Rémy 57600 Forbach Téléphone : 03 87 84 64 34. Site du théâtre  

Orgueil, poursuite et décapitation

de Marion Aubert

comédie hystèrique et familiale Théâtre
Mise en scène : Marion Guerrero
 
Avec : Thomas Blanchard, Adama Diop, Capucine Ducastelle, Olivier Martin-Salvan, Elisabeth Mazev, Sabine Moindrot, Dominique Parent, Marion Aubert.

Assistante à la mise en scène : Virginie Barreteau

Scénographie : Nicolas Hénault

Costumes : Marie-Frédérique Fillion

Création lumières : Olivier Modol

Création son : Antonin Clair

Chargée de production : Sylvine Dupré

Stagiaire Insas-Bruxelles : Marion N'Guyen

Attachée de presse : Fouad Bousba

Durée : 1h40 Photo : © DR