« Le Paquet », c’est l’histoire d’un homme qui, à l’entendre, a tout reçu de la vie : l’amour, la gloire, l’amitié, le succès… Pourtant, il se raconte sur un banc public, à côté d’une poubelle, boudiné dans un costume élimé trop petit pour lui. Il se dit blasé mais ne s’arrête plus de parler, dans l’urgence, comme par peur qu’on ne le laisse pas finir. Il s’improvise tour à tour poète ou philosophe, mais énonce des lieux communs. Peu à peu, le vernis craque, en même temps que la nuit tombe. Il va alors devoir justifier qu’il a organisé son repas de noces au PMU de Saint-Ouen, par un goût des choses simples, évidemment.
Cet homme traine un encombrant paquet, grossièrement ficelé, qui sera tout au long de la pièce accessoire ou fardeau. Il avouera finalement que cet intrigant bagage est tout ce qu’il possède. Car cet homme est loin d’être ce qu’il prétend. Mais s’il survit grâce aux histoires qu’il se raconte, à l’instar d’Emma Bovary à laquelle il fait d’ailleurs allusions, alors ses histoires valent bien la peine d’être entendues. Même lorsqu’elles sont totalement fabulées ou tirées tout droit de romans !
Le spectateur suit donc avec délectation cette prose qui se déverse comme dans l’urgence et étrangement, avec plus encore d’attention lorsqu’on comprend qu’elles ne sont qu’inventions. Parce que c’est, alors, une autre histoire du personnage qui se raconte entre les mots. On rit, on est ému, comme dans une vie, une simple vie d’homme. Une vie qui s’avère finalement injuste et qui fait résonner quelques phrases telles que « Je rêve d’un monde inondé d’arbitres » ou « On m’a foutu dehors, en-dehors du monde ». Le tout est saupoudré de réflexions existentielles et de tendres critiques politiques, toujours pleine d'humour.
« Je voulais juste être un peu moins seul, que vous vous intéressiez à moi », souffle ce personnage. Un beau moment, qui ne peut que jouer sur la corde sensible de chacun.
Marie GERHARDY, Paris









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