Le Barbier de Séville ou la Précaution inutile
Publié le 1er février 2010
Le jeune séducteur qui dupe le vieux barbon est une intrigue classique. Laurent Hatat en donne une vision cinématographique

Célèbre parmi les comédies de Beaumarchais, « Le Barbier » montre comment chacun risque d’être la dupe des autres. Le texte, plus que jamais aux yeux du metteur en scène Laurent Hatat, reste pertinent dans notre actualité où l’argent prime, où la condition sociale ainsi que  l’origine ethnique conditionnent à des destins inéquitables.

L’ajustement à notre siècle se lit dans les accessoires et les costumes. Mais il est essentiellement présent à travers les interventions vidéo. L’écran, c’est une jalousie, volet de fenêtre dont l’homonymie avec le sentiment permet de jouer avec l’ambiguïté d’une situation qui suppose qu’on peut voir et n’être pas vu, se cacher et se montrer, comme l’a si bien montré naguère Robbe-Grillet dans un roman célèbre.

Cet « écran » est mobile et modulable. Il se déplace dans l’espace. Il se rétrécit ou s’élargit, monte ou descend, s’approche ou s’éloigne. Il montre des ombres chinoises, des comédiens filmés en action ou saisis en plan parfois si rapproché au point de les transformer en œil géant. Ceci produit des effets de focalisation autant que d’équivoques entre réel et fictif, puisque, épisodiquement, cet élément scénique supplémentaire est investi par des acteurs en chair et en os.

Ce travail spectaculaire est un des ingrédients qui donnent à cette représentation un apport visuel insolite et dynamique. S’y ajoute dans une moindre mesure une sorte de sous-titrage en forme de projection au sol, pas toujours très lisible, des paroles de certains apartés. De leur côté, les éclairages rappellent aussi un univers de cinéma. Les douches de lumière envoyées sur les visages des protagonistes multiplient les gros plans ; les clartés issues des coulisses suggèrent des échappées vers un ailleurs invisible.

Dommage que la troupe en ait quelque peu oublié l’aspect comédie de la pièce. Le jeu est plutôt lent et manque assez de générosité, peut-être à cause des ajouts de textes puisés çà et là chez Beaumarchais, peut-être à cause de la volonté trop manifeste de démontrer la perversité des clivages sociaux et de la dictature de la monnaie. Sans compter que les chants qui ponctuent les actes sont, pour la majorité, inaudibles et peu convaincants.

Michel VOITURIER, Lille

Lille Du 20/01/2010 au 05/02/2010 à 20h, 19h jeudi, 16h dimanche Théâtre du Nord 4 Place De Gaulle Téléphone : 03 20 14 24 24. Site du théâtre Réserver   Dunkerque Du 20/04/2010 au 22/04/2010 à 19h (Mar à 20h30) Bateau Feu place du Général de Gaulle, 59376 Dunkerque Téléphone : 03 28 51 40 40 . Site du théâtre   Clamart Du 16/03/2010 au 27/03/2010 à 20h30 (Jeu à 19h30, Dim à 16h) Théâtre Jean Arp 22, rue Paul Vaillant-Couturier 92140 Clamart Téléphone : 01 41 90 17 02. Site du théâtre

Relâche le lundi

Réserver   Ribeauvillé Le 27/02/2010 à 20h30 Espace Culturel Le Parc Passage du Parc 68150 Ribeauvillé Téléphone : 03 89 73 20 00. Site du théâtre Réserver   Rungis Le 12/03/2010 à 21h Théatre de Rungis 1, place du Général-de-Gaulle 94151 Rungis cedex Téléphone : 01 45 60 79 05. Site du théâtre Réserver   Oullins Du 30/03/2010 au 02/04/2010 Théâtre de la Renaissance 7, rue Orcel 69600 Oullins Téléphone : 04 72 39 74 91. Site du théâtre Réserver  

Le Barbier de Séville ou la Précaution inutile

de Beaumarchais

Comédie Théâtre
Mise en scène : Laurent Hatat
 
Avec : Azeddine Benamara (Figaro), Mounya Boudiaf (l’Eveillé), Olivier Brabant (Don Bazille), Daniel Delabesse (Bartholo), Denis Eyriey (Le Comte Almaviva), Julien Gosselin ( La Jeunesse), Victoria Quesnel (Rosine)

Assistanat à la mise en scène : Julien Gosselin

Conseil artistique : Laurent Caillon Scénographie : Antonin Bouvret

Lumières : Bernard Plançon

Costumes : Martha Romero

Musiques :Frédéric Tentelier

Univers sonore : Martin Hennart

Images : Lucie Lahoute

Maquillage : Nathalie Regior

Production : Anima Motrix

Coproduction : Théâtre du Nord

Durée : 1h45 Photo : © Eric Legrand