Recette pour (rater) un enterrement et (réussir) un mariage. Prenez trois compagnies nomades et multiculturelles. Ajoutez quelques musiciens, des clowns, des tziganes, de drôles d'oiseaux et de beaux chevaux... Versez une bonne dose de folie et de joie de vivre, un zeste d'accent russe, une pincée de vers de Goethe et trois verres de vin. Et vous obtiendrez deux heures d'un fabuleux spectacle de rire, de chanson et de plaisir d'être ensemble.
Comment résumer " Sorry" ? Joyeuses digressions et impromptus où le plaisir de jouer l'emporte sur l'histoire. Le public assiste à l'enterrement de Théodore, illustre compositeur. Tenue de circonstance, trémolos et violons larmoyants. L'oraison funèbre tourne court. On évoque les bonnes blagues du défunt, on convoque Goethe et la grande musique... Mais voici bientôt les chevaux qui entrent en piste (et broutent la couronne funéraire), suivis par les tziganes, les enfants, un tracteur, un couple têtu qui prépare à grand bruit un mariage.
Incompatible avec un enterrement ? Qu'à cela ne tienne. Séparons la piste et le public en deux ! Les optimistes d'un côté et les pessimistes de l'autre. Mariage contre enterrement.

Cirque, théâtre, clown: un spectacle à la croisée des genres
Pour "Sorry", le Footsbarn Travelling Theatre, compagnie internationale et pluridisciplinaire, réputée pour ses versions virevoltantes du répertoire shakespearien, s'est associé à deux compagnies nomades : la compagnie des Fusains, fondée par le clown moderne Pierre Byland et son épouse, et le cirque Werdyn, compagnie familiale qui puise dans le répertoire tzigane des numéros de cirque équestre et pirouettes extravagantes.
Cirque, clowneries, théâtre... Voilà un mariage heureux qui fait de "Sorry" un spectacle inclassable à la croisée des genres, un ovni dans la morosité ambiante, un voyage dépaysant, dépoussiérant et ébouriffant comme un verre de Vodka. Chapeau bas.
Lucie HERON, Toulouse












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