Critique - Cirque - Paris
Cirque Bouglione "Festif"
De la poussières d'Etoiles plein les yeux...
Par Marie-Pierre CREON
Le cirque est un art populaire. Il combine cette difficile alchimie qui ne fait aucune distinction parmi son public : jeune, vieux, élites ou pas, bobos ou prolos. Art et populaire, on vous dit. Ce n’est pas si évident. Mais le goût du rire et du beau émerveille, émeut et rassemble. Fidèle à sa mission de divertissement, le Cirque Bouglione a cette fois décidé de mettre toujours plus de rires et de féerie dans son dernier né, « Festif ».
Si l’on retrouve les membres de cette famille extraordinaire comme Regina Bouglione en dresseuse de lamas ou encore la divine Marina à la corde lisse, et la génération future qu’incarnent les jeunes Dimitri et Valentino, les nouveaux venus intègrent pour cette saison ce clan prestigieux. Le dompteur Tom Dieck et ses cinq rois de la jungle, l’américaine Nathalie Enterline et son numéro de Twirling ou encore les trapézistes des Flying Stars dans un numéro à vous faire dresser les cheveux sur la tête. Le tout sous la houlette de Sergio Bouglione, un Monsieur Loyal de cinéma au charisme rayonnant. En piste !
Toujours plus haut, toujours plus beau
Fidèle à la tradition du grand cirque, « Festif » paralyse le public par un premier numéro des plus impressionnants : l’apparition des lions ! On a beau l’avoir vu à la télévision, mais assister en chair et en os au dompteur jetant sa tête dans la gueule grande ouverte d’un fauve, est une émotion unique…
Alternant acrobates habiles tel Tony Freeman et son diabolo infernal ou Elena&Elena, habiles Dupont&Dupont au féminin défiant la gravité avec des cordes de tissus, « Festif » mêle la beauté saisissante des numéros avec la drôlerie des clowns Martini, primés au Festival du Cirque de Monte-Carlo. Et avec les classiques Salto Dancers, corps de ballet de pin-up, grâce à qui chaque interlude se transforme en moment de grâce.
« Festif » repousse un peu plus les limites de l’impossible par des prestations aussi belles qu’incroyables. A ne pas manquer, le superbe numéro de trapèze des Flying Stars dont la figure de proue, Anton, impressionne autant par sa musculature que par ses bacchantes 1900.
Bien sûr, le roulement de tambour transformera vos paluches en chutes du Niagara. Bien sûr, vous oserez malgré tout garder un œil ouvert sur la prouesse du triple saut périlleux, tout en restant en apnée le temps de cet exploit… Pour vous détendre, vous admirerez la dextérité vestimentaire des transformistes ou le comique à la Laurel et Hardy des Michell’s, tout droit sortis d’un film muet. Puisque l’on vous dit que le cirque est un art pour tous. Les poses athlétiques des corps bleutés du Trio Aphelion rappellent les tableaux de Matisse, le frisson en plus.
« Festif » est un cadeau, une friandise de Noël à offrir aux grands et aux petits. En ces temps moroses, un peu de poussière d’étoiles résonne comme un bonheur volé.
Marie-Pierre CREON, PARIS










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