Claude Barma y fit se côtoyer Robert Hirsch et Louis de Funès dans un film de 1951. Plus récemment, voici une quinzaine d’années, le début de cette comédie inspira à Daniel Mesguich une parodie délirante intitulée « Boulevard du boulevard » avec Christian Hecq. Aujourd’hui, ils sont douze jeunes comédiens à s’amuser à amuser le public.
Décor minimaliste mais doté des inévitables portes à claquer. Sauf que celles-ci sont confectionnées avec du papier, ce qui permet une série de gags extravagants. Un peu de mobilier et surtout une panoplie de costumes chamarrés qui font plaisir aux yeux.
Dès le début, c’est la sarabande des « je vais où je suis attendu mais je me retrouve ailleurs » et des « je vais où je ne dois pas aller mais où il se fait qu’on m’attend quand même ». Thibaut Nève a privilégié le rythme de cette folle comédie qui tourne à la farce. Il réclame de ses interprètes et leur insuffle une vigueur époustouflante. Il veille – ce n’est pas toujours le cas parmi les jeunes compagnies – à ce que les voix portent et que les répliques fassent mouche.
Partant du postulat que le sexe est le moteur des actions des personnages de Feydeau, on se touche beaucoup. Le corps est partenaire à part entière pour se taquiner, se taper, se bousculer, se séduire, se caresser, s’étreindre, se rejeter. La course poursuite est celle du désir et non de la passion amoureuse.
La parole est là pour baratiner, draguer, mentir, dissimuler et lorsqu’il s’agit d’aveux rien ne prouve qu’ils soient sincères car les actes démentent les mots. C’est d’abord une critique du mariage considéré sous le seul angle du contrat. C’est ensuite une reconnaissance du droit de la femme à la jouissance et à une certaine liberté. C’est la constatation prémonitoire à notre société consommatrice que le bonheur ne dépend pas de la possession.
Michel VOITURIER, Bruxelles










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