Poursuivant leur démarche de théâtre itinérant porteur de plaisir en toutes localités, les Baladins du Miroir renouent avec l’art du conteur. Mais puisqu’ils sont aussi comédiens, ils mettent les contes en scène en compagnie d’accessoires sans cesse renouvelés. Mais puisqu’ils sont chanteurs et musiciens, ils les ont agrémentés d’airs et de paroles venues de Bulgarie, Russie, Turquie, Egypte, Inde…
Le spectacle est donc polyphonique, multiculturel et polychrome tant les costumes sont chatoyants. Il est aussi bondissant. Geneviève Knoops a basé sa mise en scène sur d’incessantes variations d’occupation de l’espace. Au plaisir des mots et des mélodies s’ajoute celui des yeux.
Histoires longues ou brèves s’enchaînent après être symboliquement sorties sous la forme d’une forêt touffue du baluchon de la mère des contes. Elles nous disent que la parole de la fiction apaise les violents. Que la femme est porteuse de désirs sans toujours le montrer. Que l’homme n’a pas la patience lorsqu’il s’agit de satisfaire les siens. Que celui qui veut posséder plus que ce qu’il mérite se retrouve sans rien. Que celui qui se croit seul a l’aide de son double ou de son ombre ou de ses ancêtres. Que s’imaginer qu’ailleurs c’est le paradis mène à la déception. Que la mort a, quoi qu’on fasse, le dernier mot.
Les chants sont beaux. Les comédiens sont sautillants, trépidants, affairés. Ils entrent et sortent de partout, porteurs, chaque fois de trouvailles nouvelles. Leur connivence est un atout majeur qui communique sur les gradins du chapiteau une chaleureuse complicité. Une soirée au cours de laquelle sourire et rire sont jumeaux, où l’individuel et le collectif sont siamois. Où, à défaut de fées, le féérique est permanent.
Michel VOITURIER, Huy










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