Une chanson en suisse allemand, traduction comprise, et voici le retour à des épisodes d’enfance, devant d’anciennes photos en noir et blanc défilant sur écran géant. La comédienne-auteure papillonne d’âge en âge, de personnages en personnages, de thème en thème. Nul souci de chronologie. Plutôt une promenade au sein du passé au gré des associations d’idées et de souvenirs.
Dans un univers où gravitent Snoopy, Caliméro et les Schtroumpfs, enfants comme adultes se retrouvent à travers ces anecdotes vécues. La grand-mère dont on déteste les gâteaux qu’il faut manger à Noël. Saint Nicolas venu escamoter un doudou car les parents sont persuadés qu’il empêche leur fillette d’évoluer. Les rentrées scolaires et les tensions avec les copains. Les tiraillements d’un divorce parental. L’apprentissage du ski. La mort d’une mamie et le départ d’une voisine vers l’hospice. Le chien qu’on adore et les B.D. qu’on dévore. Le premier amour ridiculisé par des gamins déjà machos…
Un rythme de dessin animé
Jeannine Gretler a des mimiques inventives. Gestes et corps se nourrissent des techniques du mime et de la danse. C’est une énergie qui se déploie durant 50 minutes sans faiblir. C’est un rythme qui emporte tout le spectacle sans un instant de creux, qui entraîne le public dans un tourbillon de détails, de situations.
Avec pour fond sonore des musiques très dessins animés, tendresse et rires se partagent le plateau. Les émotions se succèdent, se concrétisent, se partagent. Sans jamais sombrer ni dans le sentimentalisme béat, ni dans la nostalgie mélancolique. Le présent est bien là, qui s’ouvre sur l’avenir.
Michel VOITURIER, Avignon










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