Michel VOITURIER envoyé spécial à Huy
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Publié le 23 août 2019
Pourquoi Gwen s’est-elle soudain retrouvée suspendue au néon d’une classe ? C’est à cette question saugrenue à propos d’une situation biscornue que le spectacle répond tout en posant une double interrogation : comment l’école réagit-elle lorsqu’un(e) élève est différent(e) des normes, lorsqu’un(e) élève est dans la clandestinité ?

Le décor de cette histoire est composé d’accessoires. Il a besoin de la liberté de l’imaginaire pour entrainer le spectateur dans l’univers mental de Gwen, une écolière fantasque, débordant d’imagination, prompte à se lancer dans des défis ou des situations périlleuses. Son histoire ne cesse de balancer entre la réalité du quotidien et la fantaisie débridée de la fiction. Il est contrindiqué, en effet, pour  montrer quelqu’un qui aspire à déborder des prescriptions normatives du travail en collectivité de se contenter d’un environnement banalement réaliste.

Du coup, les éléments de l’action (mobilier, instruments, ustensiles) sont là, suspendus aux cintres, prêts à servir ou à se retirer selon les circonstances. Cet aspect proche du matériel des acrobates circassiens permet une grande mobilité de mouvements, une faculté de moduler l’espace à foison. Quant à des objets plus petits, ils servent de signes pour identifier un personnage ou un endroit.

Deux comédiennes matérialisent tous les protagonistes de cette aventure scolaire. D’un côté, Fanny Dreiss est essentiellement Gwen, 11 ans, aux réactions parfois très inattendues parce que spontanées ou provocatrices ; de l’autre, Caroline Donnelly sera le gamin Félix, la gardienne des lieux, la mère, la petite sœur Rose, des condisciples, un cactus, la directrice quand elle n’est pas en voix off…

Le rythme est soutenu. Il réclame une attention sans faille. Il n’y a gère de transitions entre la succession des séquences, de leur localisation dans le temps et l’espace, parfois même dans le réel ou l’imagination. Fanny Dreiss possède l’énergie de sa pré-adolescente ; Caroline Donnely se donne à fond à travers des transformations rapides de rôles où le comportement physique, la présence corporelle, le ton et l’intonation de la voix sont primordiaux.

Le spectacle n’est pas trop long. Il offre une possibilité de réflexion à propos de la capacité d’accueil de l’institution scolaire, sur l’ouverture d’esprit des individus ordinaires face à l’inconnu ou à l’étranger, ce mot qui contient en lui le mot ‘étrange’.

Suspendue au néon
Huy - Rencontres Théâtre jeune Public - Belgique Le 17/08/2019 à 11h30 16h Salle de l’Athénée Cité Emile Vierset Réserver  

Suspendue au néon

de Loris Liberale

de 7 à 12 ans et plus Jeune Public
Mise en scène : Loris Liberale
 
Avec : Fanny Dreiss, Caroline Donnelly

Scénographie, costumes :Sandrine Clark
Création lumières, régie générale : Xavier Lauwers
Musique compositeur : Fabien Mouton
Musique arrangements : Nicolas Depasse
Voix off : Nicole Duret 
Régie son & plateau : Jack Vincent
Illustration : Sarah De Vos, MadameLaBelge

Durée : 50' Photo : © Sarah Torrizi  

Production : Sequenza Cie.
Coproduction : Wolubilis, Théâtre la Roseraie
Soutien : Ministre de la culture et de l’enfance ; Direction générale de la culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, service  théâtre ; Échevinat de l’Instruction publique (Bruxelles), Échevinat de la culturen (Ixelles), service de la diffusion FWB 
Résidences  : théâtre Mercelis, Espace Senghor (Bruxelles), la Roseraie,  Wolubilis
Aide à la production : Les chaussettes de l’Archiduchesse, Pierre de Lune, Centre des Écritures Dramatiques Wallonie-Bruxelles (ced-wb).
Remerciements : Cécile Daoût, Lucas Hoyois, Yves Robic, Emma Van Overschelde, Philippe Henry, Caran Courbet, Valérie Lozet