Michel VOITURIER envoyé spécial à Huy
Contact
Publié le 17 août 2019
Dans une grande bibliothèque à l’ancienne, avec sa réserve précieuse, des personnages évoquent l’écrivain Peter Neumeyer peu connu des francophones. Occasion pour le ‘Tilleul’ de parler de l’importance du livre, rappeler l’émigration juive vers les USA sous la tyrannie nazie, utiliser son savoir faire magique dans la pratique de l’ombre chinoise.

La bibliothèque est imposante. Elle entoure la scène de son hyperréalisme féerique. Fréquemment, le réalisme du décor est un leurre pour faire accroire au public que ce qui se passe sur scène est familier à son quotidien. Dans ce spectacle-ci, il est davantage un support pour accroître l’imaginaire né des ombres qui ramènent la perception au noir et blanc de silhouettes stylisées.

Peter est un gamin privilégié. Ses grands parents lui racontent des histoires, ils lui lisent ou l’amènent à lire des bouquins de toutes sortes. Ils avivent sa curiosité naturelle de façon à l’amener à percevoir le monde dans sa complexité admirable. Il possède aussi quelques jouets avec des figurines qui l’incitent à inventer ses propres histoires. C’est ce qu’il continuera à faire aux Etats-Unis lorsque ses condisciples se moqueront de son mauvais anglais et de son comportement germanique.

Le récit concocté par l’équipe du ‘Tilleul’, est complexe. Il enchevêtre le présent et le passé, la réalité et la fiction, la trivialité de la vie courante et la préciosité des inventions de l’imagination. Et ce qui se passe avec les mots se reporte sur la pratique théâtrale. Les comédiens figurent des personnages familiers : une bibliothécaire, un lecteur, un assistant gardien, un compositeur musicien. Ils deviendront aussi évocations du gamin juif allemand, de son grand-père, de ses parents, de son éditeur, de son illustrateur favori, etc. ils effectuent alors des passages subtils entre la narration externe et l’incarnation d’émotions à jouer.

L’ingéniosité de la conception de la scénographie autorise les utilisations de divers moyens pour projeter des ombres et pratiquer ce qu’on nomme aujourd’hui du théâtre d’objets. C’est réalisé avec le soin particulier qui caractérise la troupe dans ses découpes et son souci de varier les effets. Un plaisir sans réelle nouveauté mais conservant intact le plaisir d’une forme supplémentaire à celle des acteurs et de leur présence.

Les carnets de Peter
Huy - Rencontres Théâtre jeune Public - Belgique Du 17/08/2019 au 18/08/2019 à 10h 14h Centre culturel de l'Arrondissement de Huy Avenue Delchambre 7A Téléphone : 085 21 12 06. Site du théâtre Réserver  

Les carnets de Peter

de d'après Peter Neumeyer

à partir de 7 ans Jeune Public
Mise en scène : Sabine Durand
 
Avec : Carine Ermans en alternance avec Nathalie Mellinger, Carlo Ferrante, Sylvain Geoffray, Alain Gilbert

Conseil dramaturgique : Louis-Dominique Lavigne
Musique : Alain Gilbert
Conception du spectacle :  Carine Ermans, Sylvain Geoffray
Lumière : Mark Elst
Régie : Thomas Lescart
Scénographie : Pierre-François Limbosch et Alexandre Obolensky
Peintures : Alexandre et Eugénie Obolensky aidés de Malgorzata Dzierzawska et Tancrède de Ghellinck.
Costumes : Silvia Hasenclever
Travail du mouvement : Isabelle Lamouline
Images animées : Patrick Theunen et Graphoui
Accessoires : Amalgames
Collaboration artistique : Fabrizio Montecchi

Durée : 1h Photo : © DR  

Production : Mark Elst, Théâtre du Tilleul
Coproduction : Théâtre de la Balsamine, Graphoui
Collaboration : Théâtre La montagne magique, Centre dramatique de Wallonie pour l’Enfance et la Jeunesse, Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale (Molenbeek-Saint-Jean)

Lire : Peter Neumeyer, Les histoires de Donald, Paris,  Le Tripode, 2011