Michel VOITURIER Ath
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Publié le 5 février 2018
Parmi la flopée d’humoristes qui ont déferlé ces dernières années, Coppens est de ceux qui tiennent une place à part. Il a choisi de rire à partir de la langue non en jouant avec la polysémie de beaucoup de mots du français comme un Devos mais en les associant en fonction de leurs musiques.

Coppens n’est pas méchant dans son humour. Il peut devenir caustique, absurde sans jamais donner des coups de griffes mais plutôt des coups de pattes et les morsures n’ont rien de venimeux. Il y a de la tendresse dans le plaisir qu’il a à jouer avec les mots et non une volonté de massacre. Son écriture possède donc de l’élégance, parfois même une pointe de préciosité. Il tient du poète selon la définition de Jackobson : il joue véritablement avec le langage, notamment à la façon de Pef et de la paronymie de ses mots tordus et avec un bref détour du côté des bafouillages d’un Pierre Repp.

Coppens ne s’aventure guère vers le politique, mises à part quelques allusions et un arrière fond qui met au jour des errements de société sans avoir l‘air d’y toucher. Il campe davantage de personnages d’autrefois comme une dame âgée exilée fiscale et quelques autres aux prises avec leur parole.

Le reste du temps il donne l’impression de vagabonder à l’intérieur d’une conversation à bâtons rompus qui rebondit sur une série de thèmes proches du quotidien, de la vie ordinaire. Ce qui la fait basculer du côté de l’absurde, un absurde moins radical que celui auquel aboutissait Raymond Devos.

Tout cela produit une drôlerie jamais vulgaire, un pétillement langagier à savourer comme les bulles d’un bon champagne. Le public n’est pas emporté par un torrent verbal impétueux ; il est conduit en bonne connivence du côté des clins d’yeux malicieux. Il s’agit bien de complicité entre l’artiste et son public. À mille encablures d’une compétition qui s’efforce de comptabiliser un éclat de rire toutes les 20 ou 30 secondes au risque de cohabiter avec la facilité. Jamais cet humour-là ne tombera dans le populisme c’est pour cela qu’il touche.

La vie est un destin animé
Ath - Belgique Le 25/01/2018 à je 20h ven 10h 13h30 Maison Culturelle d'Ath rue du Gouvernement, 1, 7800, Ath Téléphone : 068 336999. Site du théâtre Réserver  

La vie est un destin animé

de Bruno Coppens

Seul-en-scène Humour
Mise en scène : Eric De Staercke
 
Avec : Bruno Coppens

Régie lumière: Nicolas Fauchet
Production : Mazal asbl/Théâtre de la Toison d’Or/Exquis Mots sprl

Durée : 1h20 Photo : © Bruno Mullenaerts

Lire: Bruno Coppens, Le ludictionnaire 2, Bruxelles, Racine, 2016

                                L'atelier des mots, Tournai, Casterman, 2007

                                106 façons simples de supporter ces temps assommants, Pré-St-Gervais, Castor astral, 2017