Michel VOITURIER envoyé spécial à Huy
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Publié le 23 août 2016
Dans la plupart des pays démocratiques, la peine de mort est abolie. Ailleurs, elle s’applique toujours et ne cesse de renaître lors de rebellions, révoltes, révolutions. Didier Poiteaux nous entraîne vers ceux qui refusent la loi du talion.

Cela aurait pu être une conférence ou un prêche. C’est du théâtre. Cela aurait pu être un jargon philosophique ou une ennuyeuse étude. C’est un discours limpide dans son oralité quotidienne. Cela aurait pu être du racolage pour association humanitaire. C’est une galerie de portraits variés qui commence par du Musset et finit de même, puisque ici nous sommes toujours sur un plateau et sous des projecteurs.

Didier Poiteaux a opté pour la simplicité. Non pas une sorte de dénuement aride mais une sélection sévère de quelques signes capables de rendre évident la présence d’un personnage sans avoir besoin de le jouer avec une propension à l’imitation qui sombrerait sans conteste dans le ridicule.

Et c’est fort bien ainsi pour présenter un sujet aussi grave que la peine de mort. C’est même tellement bien qu’il se permet des traits d’humour, des remarques piquantes, des approchements incongrus bien que vrais.

L’essentiel du propos est consacré à Suzy, une Française qui a entretenu une correspondance intime avec un condamné à mort d’une prison étasunienne. Qui a fini par l’épouser. Qui attend encore qu’on prouve enfin si son époux est innocent. Car il est toujours en instance d’être exécuté.

Poiteaux convoque aussi d’autres témoignages. Celui de Robert Badinter qui fit abolir la peine de mort en France sous le règne de Mitterrand. Celui d’autres hommes politiques du passé et du présent.  Celui de documents détaillant des règlements pénitentiaires aberrants. Celui d’erreurs judicaires célèbres. Y compris l'avis de M. Guillotin, inventeur de l’instrument qui porte son nom. Le sien propre, lui, Didier, qui avait le désir d’échanger des lettres avec un condamné et les raisons qu’il a reconnues objectivement de ne pas passer à l’acte.

Le comédien nous mène sans jamais tomber dans le pathétique, le larmoyant, le revendicatif. Il donne voix et vie aux textes qu’il a sélectionnés et appris pour nous les restituer tel qu’ils nous touchent en leurs dires bruts. Il nous entraîne sans aucun doute vers ce qui constitue la vraie dignité de l’homme. Merci à lui qui laisse en nous, une fois les applaudissements terminés, une fois la salle de spectacle quittée un questionnement en dehors de toute superficielle émotion. Tout cela grâce à lui mais aussi à quelques éclairages, un petit meuble jaune sur roulettes et une occupation de l'espace dans lequel nous avons été inclus une heure durant.

Suzy & Franck
Huy - Rencontres du Théâtre jeune Public - Belgique Du 21/08/2015 au 22/08/2016 à 10h 14h Centre culturel de l'Arrondissement de Huy Avenue Delchambre 7A Téléphone : 085 21 12 06. Site du théâtre Réserver   Leuze-en-Hainaut - Belgique Du 01/02/2018 au 02/02/2018 à je 20h ven 10h 13h30 Centre culturel 31 rue d'Ath (Centre culturel) 1 avenue de la Résistance (Salle de l'Hôtel de Ville) Téléphone : 00 32 (0)69 66 24 67 . Site du théâtre Réserver   Thoricourt (Silly) - Théâtre au Vert - Belgique Le 24/08/2018 à 18h Grange du Château 43 rue de Silly Téléphone : + 32 (0)68 65 96 26. Site du théâtre Réserver  

Suzy & Franck

de Didier Poiteaux

dès 14 ans Jeune Public
Mise en scène : Olivier Lenel
 
Avec : Didier Poiteaux

Création sonore : Roxane Brunet
Éclairages, régie : Pier Gallen
Scénographie : Marylin Grimmer
Regards dramaturgiques : Nicolas Bonneau, Pierre-Paul Constan

Durée : 55' Photo : © Gilles DESTEXHE  

Production : Inti Théâtre –  
Partenariats : Théâtre Gérard Philipe (Frouard), Espace Senghor (Etterbeek)
Aide : Théâtre des Zygomars, la Roseraie, La maison des Cultures (Molenbeek), Théâtre Marni
Soutien : Pierre de Lune
Diffusion : La Charge du Rhinocéros.
Résidence administrative : Les Tanneurs (Bruxelles)

Coup de coeur de la presse aux Rencontres de Huy 2016