Publié le 30 avril 2009
Un père et un fils, tous deux issus de l’immigration. Le premier s’est européanisé. Le second s’engage dans l’islamisme. Un conflit aigu de générations.

Lui, Hamadi, dans la vie comme sur scène, c’est le père. L’autre, Soufian El Boubsi, sur la scène comme dans la vie, c’est le fils. A deux, ils ont voulu écrire et jouer un véhément affrontement entre un jeune et son aîné. Ils l’ont inséré dans ce contexte particulier qu’est un conflit lié à des positions idéologiques tranchées, adverses. Il y a quelques décennies cela se serait passé entre un vieux militant communiste et un adolescent attiré par l’extrême droite.

C’est dire si la joute verbale qui met aux prises les deux hommes est d’abord un document à propos de l’incompréhension régnant entre un géniteur et son rejeton, une incompréhension nourrie de l’interprétation par chacun d’une multitude de faits et d’attitudes durant un quotidien vécu au fil des ans. La thématique du choix de vie exacerbe évidemment la confrontation.

Le fiston perçoit son paternel comme ayant renié ses racines, comme étant vendu à un système gangrené par le matérialisme. L’ancien perçoit sa progéniture comme désireuse de revenir à un passé révolu, prête à se laisser séduire par une religion ancrée dans un sectarisme dangereux. 

Rancœurs et obstination se heurtent. Les arguments fusent. Le public, quelle que soit sa position spirituelle ou politique, se dit qu’il y en a de solides chez l’un autant que chez l’autre. Il se dit que le paroxysme des deux discours a aussi ses points faibles. Il suit ce match où les combattants frôlent parfois la violence physique après les excès verbaux. Mais il n’est pas là pour prendre parti car le pathétique se trouve non dans le divorce des idées mais bien dans le duel de ces deux êtres qui voudraient être aimés et n’y parviennent pas. Ce que souligne une fin abrupte et non théâtrale.

La mise en scène parie sur la simplicité. Les deux personnages, l’un en blanc, l’autre en noir, se déplacent sur un échiquier. Chacun a ses cases, délimitées par des éclairages serrés. Les distances qui les séparent varient selon les moments. Les tabourets qui les accompagnent servent aux menaces corporelles aussi bien qu’à prendre des attitudes psychologiques.

Hamadi a quitté le ton du conteur pour se servir de la tension des colères maîtrisées qui finissent par éclater. Soufian El Boubsi a abandonné la diction véloce d’humoriste de son «Un monde presque parfait » pour une maîtrise de la parole convaincue mais bouillonnante de révolte.

Michel VOITURIER, Avignon

le 4 décembre 2010 à 15:13
De : HAFIDA EL BOUBSI Titre : SALAM AALAYKOM HAY AAZIZI.J'ai un seul mot que je tu dit."mamach thadjith".je tu saluier et je tu passe le grant bonne joure. si tu me souvien pas.je sui la fille de ton oncel hossin. je suis marier j'ai deux enfants.hamza et ossama. exuse moi de ma movi ecritur je prifaire d'ecrire en englais. bay bay aazizi.....salam aalaykom passe mon grand bonne joure a ta famille. i was very happy when i seen your adress and picture by enternet.
Sans ailes et sans racines
Avignon - Festival Off 2009 Du 08/07/2009 au 28/07/2009 à 13h30 Théâtre des Doms 1bis, rue des Escaliers Sainte-Anne. 84000 Avignon France Téléphone : 04 90 14 07 99. Site du théâtre  

Sans ailes et sans racines

de Hamadi, Soufian El Boubsi

Théâtre
Mise en scène : Hamadi, Soufian El Boubsi
 
Avec : Hamadi, Soufian El Boubsi.

Lumières : Xavier Lauwers

Production : La Charge du Rhinocéros

Coproduction : Théâtre de Namur, L’Ancre (Charleroi)

Durée : 50min  

Photos © Véronique Vercheval.