14-18 La Fleur au fusil
Corinne FRANCOIS-DENEVE Avignon
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Publié le 19 juillet 2013
Pour évoquer la "Grande Guerre", François Bourcier fait le choix d'un son et lumière grandiloquent et sans surprise.

Pas un bouton de guêtre ne manque au 14-18, La Fleur au fusil de François Bourcier. Tricotés par Alain Guyard, les textes authentiques qui forment la trame du spectacle semblent issus d'un manuel d'histoire. On y parlera de boue, de sang et de femmes, de la camaraderie des tranchées, de ces paysans venus du fond de leur campagne avec leur patois et leur accent, de l'orgueil imbécile des officiers, des obus qui rendent fou, des horribles blessures, et aussi des fusillés pour l'exemple ou des mutilations volontaires. S'enchaînent sur scène, plus par juxtaposition que par narration, tous les morceaux de bravoure attendus d'un spectacle sur 14-18, avec une force rhétorique et démonstrative qui laisse peu de place à l'émotion.

Un poilu boit du pinard dans sa cagna, une sentinelle gémit sous la pluie, un soldat devenu fou se roule nu dans la glaise matricielle, l'officier fanfaronne, le fusillé qui ne comprend rien s'écroule sous les balles du peloton d'exécution en prononçant le prénom de sa petite fille... Toutes les images sont là, tous les clichés, qui se sont sédimentés dans la mémoire collective à coup de Voyage au bout de la nuit, de Feu, de Sentiers de la gloire, de La Vie et rien d'autre, d'Otto Dix ou de Tardi. Ne manquent pas non plus, dans ce 14-18,  le bruit assourdissant des obus, La Madelon, les hurlements de la mitraille et La Chanson de Craonne

D'où vient donc que l'on reste froid, parfois gêné, devant ce spectacle ? Les éclairages sont magnifiques, la scénographie léchée. L'acteur, François Bourcier lui-même, n'est pas en cause, qui semble jouer avec ses tripes comme si sa vie en dépendait. 

De fait, c'est une impression de "trop" qui domine. Trop d'effets, trop de sons, trop de paroxysme continu. Pas de repos du guerrier pour les spectateurs, pas de pause, de moments de douceur, un choix artistique peut-être contre-productif. Et au final, l'idée, peut-être, que les spectacles pyrotechniques et assourdissants sont finalement peu adaptés pour faire entendre le bruit sourd et douloureux des grands traumatismes de l'histoire. 

Avignon - Avignon off 2013 Du 08/07/2013 au 31/07/2013 à 19 h 20 Collège De la Salle 1 place Pasteur 84000 Avignon Téléphone : 04 90 39 19 13.  

14-18 La Fleur au fusil

de Alain Guyard, d'après des documents authentiques

Histoire Théâtre
Mise en scène : François Bourcier
 
Avec : François Bourcier

Son : Phillipe Latron 
Lumière : Frédéric De Rougemont

Durée : 1 h 15 Photo : © DR