No Way Back
Michel VOITURIER envoyé spécial à Huy
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Publié le 24 août 2012
Du hip-hop présenté comme un vrai spectacle, avec fil conducteur narratif, chorégraphies acrobatiques variées, rap intégré et prestation virtuose d'un 'human beat boxer'.

Que les adultes oublient leurs préjugés sur le hip-hop expression de la violence de la rue, réservé aux défoulements de jeunes immigrés désœuvrés, avides de prouver leur vitalité physique sur des musiques agressives. Que les jeunes oublient les leurs, croyant qu’il ne s’agit que de se mettre en valeur par des prouesses individuelles en une compétition effrénée, que de raper ou slamer sans nuances contre une société marginalisant les banlieues.

Le spectacle monté par la jeune compagnie No Way Back nous montre autre chose. Ni tout à fait théâtre, ni tout à fait récital musical. Les chorégraphies se présentent en premier lieu comme des images scéniques belles. Si elles ne suppriment pas les solos, elles privilégient le travail de troupe et veillent à l’harmonie.

Au cours de ce défilé de situations courantes dans les mégalopoles, l’humour est permanent. Il affectionne de s’en prendre à nos travers journaliers, composés en majeure partie de nos addictions aux technologies colonisatrices de communication, grâce auxquelles on finit par ne plus communiquer du tout.

Le dépouillement du plateau est en soi, une aire de liberté. Trois panneaux amovibles s’agencent selon les nécessités d’une mise en scène sobre. Lumineux, ils servent de cadres à des arrêts sur image en ombre chinoise, formant des triptyques urbains. Déplacés, ils simulent ces lieux publics (métros, gares, escalators, hypermarchés…) où la foule fourmille, grouille, se croise, s’ignore. Agencés et entassés, ils ouvrent des espaces de terrains vagues, de  passages étroits…

Les danses s’enchaînent. Elles évoquent la bande, les pulsions, les tensions, les affrontements, les élans collectifs. Relations individuelles et communautaires se miment et se chorégraphient. Le rap vient se glisser parmi les gestes. La musique évite la monotonie obsessionnelle de certaines rythmiques pour se métisser, emprunter çà et là.

La basse de Vrelust soutient, accompagne, dynamise. La virtuosité de ‘human beat boxer’ de Herblot lance au micro d’invraisemblables sons, des bruits devenus univers sonore polychrome. Chaque danseur se donne au maximum et  Mrabtifi Yassin, particulièrement, y ajoute un humour flegmatique efficacement drôle.

Huy - Rencontres du Théâtre jeune Public - Belgique Le 18/08/2012 à 9h30 14h Centre culturel de l'Arrondissement de Huy Avenue Delchambre 7A Téléphone : 085 21 12 06. Site du théâtre Réserver   Comines - Belgique Le 16/03/2013 à 20h Centre culturel de Comines-Warneton 2, rue des Arts Téléphone : + 32 (0)56 56 15 15. Site du théâtre Réserver   Tournai - Belgique Le 03/02/2014 à 20h Maison de la Culture Esplanade George Grard, boulevard des Frères Rimbaut, Téléphone : +32 (0)69 25 30 80. Site du théâtre Réserver  

No Way Back

de Milan Emmanuel et Collectif

Spectacle musical de 10 à 18 ans Jeune Public
Mise en scène : Milan Emmanuel
 
Avec : Milan Emmanuel, Youri Garfinkiel, Julien Carlier (breakers au sol), Mrabtifi Yassin (danseur debout, poppin’, lockin’) , Gaspard Herblot (human beat boxer), Benoit Vrelust (basse électrique)

Régie lumières : David Coppe, Xavier Lauwers

Régie son : Antoine Thonon

Costumes : Patty Eggerickx

Réalisation des costumes : Mélanie Chauprade, Clara Lejeune

Conseiller artistique : Jean-Michel Frère

Répétiteur danse : Samuel Faveyst

Répétiteur musique : Olivier Colette

Durée : 50' Photo : © DR  

Production : No Way Back

Coproduction : Centre culturel Jacques Frank

Partenariat : Lezarts Urbains, Espace Catastrophe (Bruxelles), Théâtre de Poche (Buxelles)

Soutiens : Cie Victor B., Fédération Wallonie-Bruxelles service de la Danse