A la suite d’une dispute avec sa femme, Léo se réfugie chez Max, son ami d’enfance. Il a une semaine pour « faire du ménage dans sa vie ». Le pari est osé mais Max relève le défi. Méditation, shiatsu, films d’Almodovar, Max tente tout pour aider Léo à sauver son couple. Tout se complique lorsque débarque Joni, le frère de Max. Présentateur d’une émission à succès, Joni prodigue à Léo tous ses conseils de coureur invétéré. Tiraillé entre deux conceptions de l’amour totalement divergentes, Léo va vite se rendre compte que ses deux thérapeutes sont aussi paniqués que lui face à leurs sentiments. Max est névrotique et introverti, quand à Joni, il est instable et égocentrique.
A travers les échanges et les réflexions de ces trois personnes aux caractères si différents, Panik brosse le portrait des hommes du XXIème siècle : paumés, arrogants, attendrissants, fragiles... Dans un langage très quotidien, l’auteur finlandais, Mika Myllyaho, nous parle de la difficulté qu’ont les hommes à communiquer et à partager leurs émotions.
Des rôles « sur mesure »
Du divan aux toilettes, le metteur en scène Jean-Claude Idée exploite tous les recoins de l’appartement de Max, transformé pour l’occasion en véritable confessionnal pour ces trois névrosés. La mise en scène, originale et dynamique joue avec tous les éléments du décor (table, divan, évier, placard) et profite subtilement d'une caméra placée dans les toilettes. Les comédiens peuvent ainsi échanger sans se voir, comme dans cette scène hilarante à la « Confessions intimes ».
Le succès de la comédie tient également dans le jeu des acteurs, très juste, qui interprètent avec brio ces trois amis paniqués. On retrouve ainsi Thomas Joussier (vu dans "Visite à Mister Green") en mari perdu qui oscille entre rires et pleurs. Le beau gosse, Anthony Delon ("Money", "Attache moi au radiateur") joue bien évidemment le rôle du séducteur. Avec sa barbe fournie et le regard noir, Eric Delcourt ("Surprise et conséquences", "Hors piste", "Le délai") offre une impressionnante performance de Max, web-designer dépressif et inquiétant. Les trois comédiens offre une prestation remarquée dans laquelle chaque homme peut se reconnaître et chaque femme peut y voir un mari, un frère, un fils...
Pendant près d’une heure et demie, le spectateur se laisse agréablement entraîner entre situations cocasses et répliques à l’humour subtil et ravageur. On regrette juste une fin un peu brutale. On le sait, en matière d’amour, il est bien difficile de trancher et d’établir une définition définitive.
Romain Dondelinger, Paris










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