Critique - Spectacle musical - PARIS
Les Sea Girls fêtent la fin du monde
Sea on fêtait la fin du monde !
Par Maïa ARNAULD
Si vous n’aimez que les chanteuses aux yeux humides, sans fond de cale, chuchotant des mots d’amour inaudibles à vous dérégler le moindre sonotone, passez votre chemin ! Les « filles de la mer » relèvent d’un autre registre. Elles sont « normales » - enfin pas tout à fait -, subtilement timbrées, délicatement désopilantes, totalement hilarantes. Elles appartiennent à la catégorie de « girls » qui déménagent, qui vous font oublier une heure et demie durant que tout va mal dans votre vie, que le monde part à vau l’eau. La fin du monde en leur compagnie s'envisage dans la joie.
Qui sont-elles ces Judith Rémy, Prunella Rivière, Élise Roche et Delphine Simon ? Polyvalentes, "glottiques" ? Elles chantent, dansent, font des tours de passe de passe affublées de tenues improbables, un peu Copacabana avec force plumes et paillettes, un peu « Tintin et le Lotus bleu » en vase asiatique, maquillées comme des voitures volées et perchées au figuré comme au propre sur des talons hauts. Ces filles n’en finissent pas de gesticuler, de lever la patte jusqu’au ciel à la manière des danseuses du French Cancan pour notre plus grand bonheur.
Un créneau music-hall
C’est l’histoire de quatre copines qui se rencontrent sur les bancs de la maternelle, qui se suivent sur ceux de l’ENSATT (feu la Rue Blanche), qui embarquent deux "zikos" dans une aventure burlesque et s’en vont pousser la chansonnette, montrer leurs gambettes sur les routes de France. Elles balaient quelques classiques, Brassens, Salvador, Jean-Max Rivière -l'auteur fétiche-, tout en donnant de la voix à de nouveaux auteurs - Fred Pallem, Marie Desgranges, Nicolas Ducron, GildasThomas. Elles sont accompagnées dans leurs périgrinations par le metteur en scène Patrick Haudecoeur.
Petite, moyenne, grande, longue, gironde, brune, rousse, blonde, duduche, sexy, coquine, rockeuse déjantée, voilà des filles bien difficiles à estampiller tant elles brillent par leur singularité ! Ce spectacle enlevé, comique, sans ambages tourne le dos aux circonvolutions nombrilistes des salles parisiennes. Plein de trouvailles, Il donne des scènes, notamment celle du ralenti, qui provoquent des sensations rares! Âmes insensibles s’abstenir.
Maïa ARNAULD, PARIS










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