Dom Juan
Publié le 12 décembre 2011
Une mise en scène supplémentaire du Dom Juan de Molière. Avec la volonté d’en souligner la violence au sein d’un décor surprenant. Avec fort peu de surprises.

Le mythe est fertile. Rien qu’en théâtre, il va du Burlador de Tirso de Molina à celui de Suzanne Lilar, de Schiller à Max Frisch ou à Charles Bertin sans oublier le Don Giovanni de Mozart. La pièce est riche. On en a fait de multiples avatars, de Jouvet ou Vilar  à Chéreau ou Lassalle ou Mesguich. Pas flagrant dès lors d’en donner une lecture nouvelle.

Comme dans le début du téléfilm de Bluwal avec Piccoli, l’action se déroule dans des écuries.  Ce qui donne un décor compartimenté en stalles ; ce qui, grâce à des grilles, crée une atmosphère de confessionnal. Ceci induit des éclairages plutôt de pénombre que de grand soleil, propices aux manigances. Mais ne convainc pas pour tous les lieux de l’action dramatique, d’autant que le passage d’un acte au suivant se fait selon une continuité fluide si bien qu’il n'est pas toujours facile de comprendre instantanément où les acteurs se trouvent, à quel moment de l’histoire ils se situent.

Ce flou est à l’image du reste. Julie Brochen tente de montrer la violence latente dans l’œuvre de Molière. Il y a bien quelques affrontements physiques, des armes blanches dégainées. Mais l’ensemble de l’interprétation reste en surface et s'étiole dans la lenteur.

Confidences et violence

Manque de rigueur et de vigueur

Les comédiens ne semblent ni habiter leur texte, ni être habités par lui. D’où une sorte de mollesse dans le jeu qui ne parvient pas à séduire. D’où une carence de présence des interprètes comme si personne n’était parvenu à choisir ou à endosser une option claire de son personnage. Jusqu’à affadir l’intéressant pari de la désignation d’un acteur noir pour jouer l’écrasant rôle de Dom Juan.

Ce côté quelque peu hybride des partis pris s’accentue encore par le contraste entre le réalisme de l’environnement et la stylisation des chevaux, entre le fantastique supposé de la statue du commandeur et sa représentation en une figure davantage apte à égayer le carnaval de Venise qu’à amener à se poser des questions métaphysiques.

Comme les chants interprétés en chœur par la troupe, quelques effets spéciaux viennent pimenter le déroulement de l’intrigue : la chevauchée du commandeur décapité, un encensoir géant qui se balance dans l’espace, les bougies allumées par enchantement… Rien qui soit essentiel au sens de l’œuvre.

Michel VOITURIER, Lille

Lille Du 03/12/2011 au 14/12/2011 à 20h dim 16h je 19h Théâtre du Nord 4 pace du Général de Gaulle Téléphone : 03 20 14 24 24. Site du théâtre Réserver   Saint-Brieuc Du 11/01/2012 au 13/01/2012 à 20h30 La Passerelle - Scène Nationale Place de La Résistance 22000 Saint-Brieuc Téléphone : 02 96 68 18 40. Site du théâtre Réserver   Lorient Du 17/01/2012 au 19/01/2012 à 19h30 me 20h30 Théâtre de Lorient - CCDB 11 rue Claire Droneau - BP 726 56107 Lorient cedex Téléphone : 02 97 83 01 01. Site du théâtre Réserver   Dijon Du 02/02/2012 au 11/02/2012 à 20h sam 17h Théâtre Dijon Bourgogne Parvis Saint-Jean rue Danton 21000 Dijon Téléphone : 03 80 30 12 12. Site du théâtre Réserver   Besançon Du 13/03/2012 au 16/03/2012 à me je 19h ma ve 20h30 Nouveau Théâtre 1, avenue Droz - Parc du Casino Téléphone : 03 81 88 55 11. Site du théâtre Réserver   Colmar Du 21/03/2012 au 23/03/2012 à 20h30 je 19h Comédie de l'Est 6 route d'ingersheim Téléphone : 03 89 41 71 92. Réserver   Caen Du 27/03/2012 au 29/03/2012 à 20h Théâtre de Caen 135 boulevard du Maréchal Leclerc – BP 71 14007 Caen Cedex 1 Téléphone : 02 31 30 48 00. Site du théâtre Réserver  

Dom Juan

de Molière

Mise en scène : Julie Brochen
 
Avec : Muriel Inès Amat, Christophe Bouisse, Fred Cacheux, Jeanne Cohendy, Hugues de la Salle, Julien Geffroy, Antoine Hamel, Ivan Hérisson, Mexianu Medenou, Cécile Péricone, André Pomarat, Hélène Schwaller, Elodie Vincent

Création: avec les comédiens de la troupe du TNS
Lumières : Olivier Oudiou
Scénographie : Julie Brochen, Marc Puttaert
Costumes: Thibault Welchlin
Maquillages, coiffures : Catherine Nicolas
Direction musicale et vocale : Françoise Rondeleux
Piano: Loïc Herr
Assistanat à la mise en scène:  Amélie Enon

Production :Théâtre National de Strasbourg


Durée : 2h Photo : © Franck Beloncle