Publié le 18 novembre 2011
Une couturière étant la dernière répétition avant la générale, ce spectacle avoue qu’il ne se veut pas figé, qu’il est susceptible de retouches au fil du temps. Pétiniot s’y confie, donne parole à quelques auteurs, s’imprègne des musiques d’un quartet aussi bourré d’énergie que lui.

Non, Philippe Avron n’est pas totalement mort. Il se réincarne en partie dans Jean-Marie Pétiniot. Celui-ci est tout aussi humain et décapant, un peu moins fragile en apparence. Ce qui donne un drôle de spectacle drôle, vecteur d’émotions profondes et variant selon l’atmosphère des représentations.

Le public est rassemblé autour de lui. Nous ne sommes plus dans une salle mais à une veillée. Il n’y manque que les bûches flambant dans un âtre à l’ancienne. Tout est si proche, le conteur, ses musiciens sous l’éclairage volontairement crépusculaire et ponctuel d’Olivier Arnoldy.

Les mots déferlent. Parfois, poussés au paroxysme dans la bouche de l’acteur, ils s’entrechoquent, s’indignent, mettent leur sens dans  leurs sons, se confondant avec les mélodies. Souvent, ils sont distillés, riches alors du poids de ce qu’a vécu celui qui les dit ou qui les écrivit.

Il s’y brasse une folle de mai, un John Lennon pacifiste contre la guerre au Vietnam, une randonnée au bord de l’aliénation mentale, un parrain colombophile, une excursion à Thorembais-les-Béguines, des clins d’yeux à une série de personnalités, des souvenirs, des rêves, des réflexions sur le monde tel qu’il ne va pas… La gravité se mêle au rire. Le divertissement s’orne de philosophie.

Confidences au public

Une énergie positive

Pétiniot ne se ménage pas. Il est lui et un tas de personnages. Il est tendre et virulent. Il éclabousse de vitalité ; il émeut de perception juste des choses et des êtres. Sa proximité avive l’échange avec les auditeurs. Il incarne totalement celui dont il parle, qui rêvait d’être porteur de parole : conteur, diseur de fable, vitupérateur, humoriste, poète, orateur… 

L’entourant, habités d’une connivence entre eux et avec lui, des musiciens qui vont au-delà de l’illustration sonore ou des respirations entre deux textes denses. Ils offrent des musiques métissées, nourries d’ailleurs, de jazz, de folklore mais sans ostentation, simplement intégrées de façon naturelle. Elles transmettent la douceur comme la violence, la sérénité comme la tension, l’harmonie comme le désordre. En fait, ils composent un seul-en-scène à cinq !

Michel VOITURIER, Bruxelles

Couturière
Tournai - Belgique Du 08/11/2011 au 09/11/2011 à 20h Maison de la Culture Esplanade George Grard, boulevard des Frères Rimbaut, 7500 Tournai Téléphone : +32 (0)69 25 30 80. Site du théâtre   Bruxelles (Watermael-Boitsfort) - Belgique Du 15/03/2012 au 18/03/2012 à 20h30 dim 16h Espace Delvaux (La Vénerie) 3, rue Gratès (place Keym) Téléphone : 02 663 85 50 . Site du théâtre Réserver   Mouscron - Belgique Le 13/04/2012 à 20h30 Centre culturel Marius Staquet Place Charles De Gaulle Téléphone : (00.32)56/860.160.. Site du théâtre Réserver  

Couturière

de Pétinot, La Fontaine, Kafka, Platon...

Théâtre
Mise en scène : Fabrice Murgia
 
Avec : Jean-Marie Pétiniot, Kathy Adam (violoncelle), Pascal Chardome (piano, guitare), Didier Laloy (accordéon diatonique), Frédéric Malempré (percussions)

Lumières : Olivier Arnoldy

Son : Michel Gilsoul

Musique : Didier Laloy, Pascal Chardome

Durée : 1h30 Photo : © Alessia Contu - Alice Piemme  

Coproduction : Compagnie Artara/Fabrice Murgia, le manège.mons,  Centre culturel (Huy). 

Aide : Maison de la Culture (Dinant)

Écouter : Adam, Chardome, Laloy, Malempré, "Noir's", CD, Wild Board Music 21101