Publié le 21 août 2009
L’homme mûr vous accueille dans un bus transformé en roulotte itinérante. Au beau milieu de son bric à brac de souvenirs, il en extrait un. Celui de ses années d’écolier auprès de Tam, le petit Chinois débarqué dans sa classe.

Manu est le prénom de l’hôte chez qui vous débarquez. Il vous confie comment il était, à cet âge où on est en passe « d’avoir été grand chez les petits, de devenir grand chez les grands après avoir été petit chez les grands » de l’école primaire.

Il a décidé d’annexer le nouveau venu étranger, de le prendre sous sa protection, bon gré mal gré, afin d’être assuré d’avoir un « meilleur ami ». Cela se déroule comme les années de scolarité de tout un chacun. Plein de bagarres, de défis, de grands élans, de conflits avec les enseignants, les parents, les copains. Avec, spécialement pour Manu, une tendance à ne pas trop avoir le courage d’affronter les conséquences de ses actes, en particulier celles d’un gros mensonge.

Ayant donné son beau stylo à Tam, le gamin prétend à sa mère qu’il est victime d’un vol. Quitte à laisser accuser son protégé qui, lui, ne s’abaisse pas à dénoncer la supercherie. C’est ainsi. Chacun a connu ces paralysantes impossibilités de faire passer la vérité par la parole et dont la contrepartie est de se sentir bien mal dans sa peau. Chacun a connu ces rejets des adultes auprès de qui on aurait aimé se confesser mais qui n’ont pas pris le temps d’écouter.

Les déchirures de l’enfance

La vie continue. Manu décrit la sienne et celle de ses condisciples. Simplement. Sans détours. Ses souvenirs finissent par devenir les vôtres. Parmi eux, il y a surtout cet épisode dramatique de l’arrestation du grand-père de Tam devant l’école. Avec le ramdam que les autorités affectionnent quand il s’agit d’expulser un individu intégré mais dont la paperasse administrative n’est pas en règle.

En dehors des épisodes marqués par la jalousie envers la petite sœur malade que maman dorlote, les saisons, les rituels des fêtes, les résultats des études, les amitiés qui se nouent et se dénouent, un autre épisode douloureux. Un qui laisse des traces de culpabilité en Manu. Qui lui colle à l’âme depuis toujours. Qui n’a pas trouvé à être résolu car il s’est déroulé juste au moment où sa maman et son papa se séparaient, qu’il partait ailleurs vivre chez ce dernier.  Un épisode qu’il vous explique comme pour se soulager. Qu’il partage avec vous de même qu’il vous en livre le dénouement tardif.

Thierry Hellin a mis ce monologue en scène avec délicatesse. Le texte limpide d’Eric Durnez est incarné avec naturel par un Maxime Durin sans esbroufe. Un réel partage qui se mêle aux réminiscences de votre enfance à vous. Peut-être long pour les trop petits mais susceptible d’aider les autres à se soulager d’un non dit enfoui qu’ils auraient aimé un jour révéler à quelqu’un au lieu de conserver l’impression qu’ils sont coupables.

Michel VOITURIER, Huy

Tam
Huy - Rencontres Théâtre Jeune Public - Belgique Du 19/08/2009 au 21/08/2009 à 14h, 16h, 18h et 21h Parking de l’École normale Avenue Delchambre Téléphone : 00 32 42 37 28 80 .

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Tam

de Eric Durnez

Jeune Public
Mise en scène : Thierry Hellin
 
Avec : Maxime Durin

Scénographie : Emilie Cottam
Décor : Une Compagnie
Marionnettes : Alain Moreau
Régie : Michel Van Brussel

Durée : 50’ Photo : © Valérie Burton  

Âge : 7-10 ans