La guerre est sans doute l’évolution extrême des tensions antagonistes régnant entre les êtres. C’est ainsi que le texte, l’interprétation et la mise en scène s’articulent autour de divergences posées dès le départ. L’hôtesse malgré elle, femme mûre, est autochtone blanche, mère de famille veuve ; l’occupant, à peine 21 ans, est étranger noir, célibataire.
L’environnement même souligne les confrontations. La femme est sensible aux musiques folkloriques traditionnelles de son pays. L’homme vit au temps des musiques électro. La salle où se déroule l’action est à l’ancienne alors que le soldat est lié aux technologies contemporaines. Quant au public, il est face à face avec lui-même de chaque côté du plateau.
Ces contraires sont amplifiés par une double présence qui pourrait aussi s’interpréter comme étant le flux contradictoire des pensées hantant le jeune militaire. D’un côté, la copine sensée l’attendre au pays dès la fin des hostilités ; de l’autre, un personnage ambigu, musicien, raisonneur, polémologue d’occasion dissertant sur l’évolution des luttes armées à travers l’histoire et sur leur utilité.
Du terrorisme au pacifisme
Tout se joue sur des tensions. La peur d’être tués de l’une comme de l’autre des personnages clés engendre méfiance, agressivité, rancœur, provocations. Les idées inculquées de part et d’autre par les propagandes protectionnistes nourrissent les doutes. La cohabitation provoque par contre de fugaces rapprochements, quelques brefs échanges d’émotions.
À travers les dialogues réels ou virtuels du quatuor, ce sont les problèmes de l’engagement politique et sentimental, des idéologies nationalistes ou extrémistes, de la violence en général et de la loi du talion en particulier, de la mitoyenneté pluriculturelle, de la découverte d’autrui… Ces axes de réflexion sont soutenus par la retenue bouillonnante de Patricia Goemaere, la simplicité torturée de Marc Zinga ainsi que par la désinvolture volontaire de Marie Sottiaux et le cynisme caricaturé de Marc Malempré, par ailleurs joueur de cornemuse et de violon.
Michel VOITURIER, Huy










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