Mère Sauvage
Publié le 17 août 2009
Spectacle vu en janvier 2009. Inspirée par la trame d’une nouvelle de Maupassant, la pièce de Pourveur met en huis clos une mère dont le fils est engagé dans la guerre et un occupant installé dans sa maison. Confrontation conflictuelle, sous le poids de peurs réciproques ?

La guerre est sans doute l’évolution extrême des tensions antagonistes régnant entre les êtres. C’est ainsi que le texte, l’interprétation et la mise en scène s’articulent autour de divergences posées dès le départ. L’hôtesse malgré elle, femme mûre, est autochtone blanche, mère de famille veuve ; l’occupant, à peine 21 ans, est étranger noir, célibataire.

L’environnement même souligne les confrontations. La femme est sensible aux musiques folkloriques traditionnelles de son pays. L’homme vit au temps des musiques électro. La salle où se déroule l’action est à l’ancienne alors que le soldat est lié aux technologies contemporaines. Quant au public, il est face à face avec lui-même de chaque côté du plateau.

Ces contraires sont amplifiés par une double présence qui pourrait aussi s’interpréter comme étant le flux contradictoire des pensées hantant le jeune militaire. D’un côté, la copine sensée l’attendre au pays dès la fin des hostilités ; de l’autre, un personnage ambigu, musicien, raisonneur, polémologue d’occasion dissertant sur l’évolution des luttes armées à travers l’histoire et sur leur utilité.

Du terrorisme au pacifisme


Tout se joue sur des tensions. La peur d’être tués de l’une comme de l’autre des personnages clés engendre méfiance, agressivité, rancœur, provocations. Les idées inculquées de part et d’autre par les propagandes protectionnistes nourrissent les doutes. La cohabitation provoque par contre de fugaces rapprochements, quelques brefs échanges d’émotions.

À travers les dialogues réels ou virtuels du quatuor, ce sont les problèmes de l’engagement politique et sentimental, des idéologies nationalistes ou extrémistes, de la violence en général et de la loi du talion en particulier, de la mitoyenneté pluriculturelle, de la découverte d’autrui… Ces axes de réflexion sont soutenus par la retenue bouillonnante de Patricia Goemaere, la simplicité torturée de Marc Zinga ainsi que par la désinvolture volontaire de Marie Sottiaux et le cynisme caricaturé de Marc Malempré, par ailleurs joueur de cornemuse et de violon.

Michel VOITURIER, Huy

Huy - Rencontres théâtre Jeune Public - Belgique Le 18/08/2009 à 10h et 14h Centre culturel de l'Arrondissement de Huy Avenue Delchambre 7A Téléphone : 085 21 12 06. Site du théâtre

Plus d'informations en cliquant ici 

ou : +32 42 37 28 80

 

Mère Sauvage

de Paul Pourveur (d’après Maupassant)

Théâtre
Mise en scène : Jean-Michel Van den Eeyden
 
Avec : Patricia Goemaere, Marc Malempré, Marie Sottiaux, Marc Zinga.

Dramaturgie : Michel Van Loo
Scénographie : Sarah de Battice
Lumière : Nathalie Borlé
Création sonore : Marc Malempré, Maxime Bodson
Assistanat et travail physique : Anne-Cécile Massoni, Natacha Nicora
Recherche dramaturgique : Gérard de Selys
Régie : Pascal Dethier, Olivier Vincent

Durée : 70min Photo : © Danièle Pierre  

Production : Théâtre de la Guimbarde
Coproduction : Maison de la Culture de Tournai - Théâtre de l’Envol de Viry-Châtillon. Avec le soutien du Festival de Liège et de Théâtre & Publics