Décontracté et souriant Stanislas (Darius Kehtari, qui amène avec lui une belle énergie sur le plateau) a une nouvelle importante à annoncer à ses « chers amis » et à son épouse, adorable attachée de presse sur-bookée.
Le temps de découvrir chaque personnalité bien pimentée des-dits amis et de sa chère et tendre, et Stanislas annonce la couleur : non, c'est décidé l'argent facile de la dernière cagnotte du Loto, il la refuse catégoriquement ! Un principe, un sens des valeurs, venu peut-être de ses propres origines hongroises (son père, de passage à Paris, pourra le confirmer).
Cette petite question de « que ferais-je de ma vie avec des millions d'euros ? » que nous nous sommes tous posée un jour est ici ingénieusement retournée en une « que ferais-je de ma vie si mon conjoint ou meilleur ami refusait la cagnotte du Loto ? » et ouvre bien des portes à l'étude de mœurs, et notamment à ce qui constitue finalement le comportement d'un vrai ami face à une question cruciale.
Le jeu de massacres peut commencer...
Mes Chers Amis, qui démarrait alors en une sympathique petite pièce de boulevard, autour d'une bande d'amis, se transforme alors progressivement en jeu de massacre. Car la thèse de Stanislas, selon laquelle l'argent se mérite, est immédiatement rejetée par sa femme et ses amis.
Ces derniers regardent d'emblée Stanislas comme un illuminé, qui de son côté hallucine également complètement face à la rapacité de son entourage proche. Des vilaines vérités vont alors éclater, et « laver le linge sale en famille » n'aura jamais eu plus de sens ici que sur le plateau de la Comédie Bastille.
L'écriture des personnages est avant tout tournée vers le comique et facilement identifiable (l'ami pseudo-écolo qui est un vrai boulet ou l'ami « requin en affaires » en relation passionnelle avec son I-phone). De sorte que le spectateur peut légèrement anticiper la réaction de chacun des personnages tout en savourant chacune de ses saillies. D'autres thèmes sont abordés comme la question des origines sociales, les bases d'une relation conjugale, etc.
C'est cette écriture humoristique et dramatique à la fois qui fait le sel de cette comédie à plusieurs tiroirs. A voir « entre amis » bien sûr, mais gare au débat de l'après-pièce...
Laetitia HEURTEAU










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