Cette façon d’envisager le réchauffement climatique constitue une belle métaphore scénique, à la fois visuelle et auditive. La banquise est théâtrale c’est-à-dire qu’au lieu d’être réaliste elle est seulement évoquée par un étagement de blocs blancs entassés. Les oiseaux musiciens ont une coiffure qui évoque la couleur et la forme des plumes ; ils sont engoncés dans des tenues qui les contraignent à une démarche à petits pas.
Le dresseur ne parle pas français. Il baragouine un sabir aux accents slaves. Il est si expressif qu’il n’est pas besoin de traduction pour comprendre ce qu’il raconte, ronchonne et marmonne. C’est une véritable créature de plateau qui grimace et se contorsionne mais qui également, d’une manière symbolique retrouve vivacité et stature dès qu’il revit son rôle de montreur sous les projecteurs. Il figure à sa façon la gabegie énergétique des humains puisque, chaque fois qu’il met l’éclairage en plein feu, la banquise dégèle davantage.
L’idée est dans la nécessité de notre époque. Telle qu’elle est montrée ici c’est un message clair. Mais peu efficace dramatiquement parlant puisque ce signe éloquent est reproduit à l'identique à plusieurs reprises (de même que le gag des poissons servant de nourriture aux artistes). Si bien que ce spectacle se réduit surtout à un concert aux musiques superbes (accordéon, saxophone, violoncelle) dans les tonalités des morceaux programmés par Didier Mélon dans son émission produite sur la RTBF « Le Monde est un village ».
Michel VOITURIER, envoyé spécial à Huy









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