Ils sont apparemment loin de leur rêve d’ados de fonder un groupe rock populaire. Elle, barmaid, est enceinte d’un gaillard qui l’a plaquée. Lui 1, glandeur irréfléchi, traîne sa vie nonchalante. Lui 2, marié et père, est vigile licencié par son banquier d’employeur qui lui préfère les caméras de surveillance. Le trio décide de démontrer la supériorité des hommes sur les systèmes d’alarme sophistiqués en pénétrant de nuit dans l’agence bancaire.
Bien entendu, rien ne se déroulera vraiment comme prévu. Ce qui donne lieu à une expédition à travers le temple de la finance comme dans un parc d’attractions au parcours semé d’embûches ou une maison hantée de champ de foire. Car nos gaillards ne sont pas des pros. L’un est trop honnête pour être machiavélique ; l’autre, pas assez dégourdi pour suivre des instructions ; la dernière se rend compte qu’elle est sur le point d’accoucher.
Sur cette trame de farce à l’italienne, Pierre Richards et ses complices, ont accumulé les gags visuels et les répliques drôles en forçant le trait des caractères de chacun. Ils ont au surplus relevé la sauce en agrémentant le tout par des touches de mise en abîme. La pièce se présente en effet comme étant interprétée par des amateurs qui se sentent obligés de commenter pour le public ce qu’ils sont en train de faire, ce qui sépare la réalité de leur fiction. Ce procédé ajoute une autre source de comique au reste de l’histoire.
Abdeslam Hadj Oujennaou, Aude Droessaert et Yann-Gaël Montfort s’en donnent à cœur joie. Ils prennent un plaisir évident à jouer les idiots avec intelligence et nous entraînent dans l’énormité de la farce. Même si le happy end final du groupe rock qui a réussi est plutôt facile.
La mise en scène, avec un minimum de moyens, parvient à moduler sans cesse l’espace. Des parois amovibles se déplacent, s’agencent, se séparent pour créer des lieux dont celui de la banque devenu un labyrinthe piégé dans lequel on se perd afin de mieux se retrouver.
Michel VOITURIER, envoyé spécial à Huy









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