La Rose blanche
Publié le 25 août 2010
Avec des textes de Karl Valentin, des paroles de Brecht, des musiques de Kurt Weill et de Hindemith, ce cabaret inscrit dans les années du nazisme retrouve sa place aujourd’hui en ces temps de crise économique et de nationalismes en expansion.

Aussitôt que l’humour s’applique à des choses graves, il a tendance à devenir noir. Chez Karl Valentin, il prend aussi les couleurs de l’absurde. Ses textes adorent jouer avec la rigueur des raisonnements rationnels pour les tourner en totale dérision car ils en démontrent les failles. C’est fort drôle, relativement caustique et préfigure Eugène Ionesco, Roland Dubillard ou Raymond Devos.

Et ce d’autant plus que c’est interprété par un Eric Drabs faussement naïf, qui assène ses vérités avec un aplomb désarmant. Les autres protagonistes ne sont pas en reste. Le chef d’orchestre Patrick Waleffe n’hésite pas à se comporter en mini-dictateur et à asticoter ses partenaires, la chanteuse Marie de Roy qui ne craint pas le mime et la pianiste Danièle Du Bosch qui donne la fausse impression d’être d’un autre âge.

Les gags ne manquent pas, visuels ou langagiers. Ils donnent une tonalité humoristique qui contraste avec la nostalgie des chansons extraites de « L’Opéra de quat’sous », de « Mère courage » ou d’autres pièces de Brecht. Car l’époque est avant tout celle où la guerre se prépare avec son cortège de chômeurs, de filles n’ayant d’autre instrument de travail que leur corps, de soldats pas vraiment volontaires pour une boucherie qui ne serait pas moins sanglante que celle de 14-18.

La réalisation de la Cie pour Rire prend corps dans la tradition du théâtre réaliste avec ses décors, ses accessoires, ses costumes, ses maquillages fidèles à l’image historique qu’on en a conservé. Elle fait appel à des comédiens chevronnés qui ont aussi une pratique solide de la musique. Les personnages qu’ils campent sont typés selon les normes suscitant entre eux des tensions qui, à défaut d’une intrigue à rebondissements, entretiennent l’intérêt dramatique de leur confrontation.

Le cabaret est un lieu d’amusement. Ce qui s’y passe est de cet ordre-là, même si le contenu des couplets contient un arrière-plan de critique sociale. Unique élément à suggérer que le monde qui l’entoure est en voie de belligérance : les tremblements secouant à intervalles irréguliers le bâtiment et le clignotement inquiétant de l’installation électrique.

Michel VOITURIER, envoyé spécial à Huy

le 25 août 2010 à 8:16
De : maurice Van den Broeck Titre : La Rose Blanche Bonjour, merci pour votre analyse judicieuse. N'oubliez pas que ce spectacle est une coproduction Compagnie Pour Rire - Théâtre du Copeau. Est ce possible de corriger ? Bien à vous. Maurice Van den Broeck Théâtre du Copeau
le 25 août 2010 à 11:46
De : KP Titre : La rose blanche Bonjour, merci de votre commentaire, mais si vous regardez dans la colonne de droite, vous verrez que cela est déjà indiqué. cordialement
le 28 août 2010 à 10:14
De : D.guy Titre : La rose blanche Une autre date de prestation de la pièce ???
le 5 septembre 2010 à 20:32
De : Michel Titre : La Rose blanche Aucune information n'est parvenue à notre rédaction. Prenez contact avec la troupe: lecopeau@skynet.be ou 00 32 (0)2.479 97 74
Huy - Huy 2010 - Rencontres Théâtre Jeune Public Le 22/08/2010 à 10h00 14h00 Salle des fêtes IPES Avenue Delchambre Téléphone :  00 32 42 37 28 80 .  

La Rose blanche

de Karl Valentin, Bertolt Brecht

De 9 à 15 ans Jeune Public
Mise en scène : Patrick Waleffe
 
Avec : Danièle Du Bosch, Eric Drabs, Marie de Roy, Patrick Waleffe

Adaptation : Patrick Waleffe

Assistanat à la mise en scène : Laila Zaari

Scénographie, régie, éclairages : Maurice Van den Broeck

Musique : Kurt Weill, Paul Dessau, Paul Hindemith

Durée : 1h00 Photo : © Yves Gabriel  

Production : Cie pour Rire

Coproduction: Théâtre du Copeau