Sans conteste, les comédiens du Rafistole ont eu beaucoup d’allégresse à monter Gozzi en farce trépidante qui ne laisse jamais de temps au spectateur pour se poser des questions ou pour respirer quelque peu. Ils ont opté pour une simplicité qui sied bien au manque de moyens d’une troupe encore récente.
En guise de décor, des cubes en bois brut qui sont déplacés, empilés, agencés à vue sur le plateau. Ils matérialisent des lieux comme un château, une grotte, un intérieur, etc. Faciles à manier, ils ne ralentissent jamais la cadence de jeu. Ce dernier, volontairement corporel, permet aux comédiens de camper leurs personnages grotesques avec l’esprit de caricature qui sied à la commedia dell’arte.
Des situations de groupe figées en arrêt sur image permettent des effets d’ellipse, des visualisations amusantes de ce qui ne sera pas détaillé. Des chants viennent accompagner la cavalcade des actions. Une gestuelle orientée vers une outrance de parodie soulignent les effets comiques en rendant cohérente la conduite des personnages.
L’ensemble permet d’approcher la comédie italienne traditionnelle, d’en percevoir les mécanismes, de se familiariser avec un type de bouffonnerie qui a presque disparu des scènes mais qui se retrouve désormais dans les prestations des arts de la rue. Une bonne occasion pour des étudiants et leurs enseignants d’une leçon vivante de l’histoire de l’art dramatique européen.
Michel VOITURIER, envoyé spécial à Huy









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