Une gamine, un gamin en train de découvrir un chantier en pleine ville : quel terrain d’exploration fabuleux ! On peut toucher à tout puisqu’il n’y a personne. On peut se glisser sous des bâches, grimper à des échelles, chipoter à de tuyaux, marcher sur des échafaudages, jouer à cache-cache, disparaître et réapparaître. On se rend compte que sur la terre, il y a des hauts et des bas, des directions différentes, des obstacles à franchir.
Les briques, c’est vraiment ce qui existe de mieux pour un jeu construction. Les entasser, les combiner, même les lécher juste pour savoir quel goût elles ont, élever des masses entassées. Être en compétition pour qui des deux fera le plus beau, le mieux fini.
Avec des conduits en plastique, on obtient des porte-voix, des véhicules pour cris effrayants ou rigolos, des trompettes ou des trombones. Si on les martèle, les choque, voilà une musique nouvelle qui change selon que c’est vide ou plein. Si on jette des choses dedans, c’est presque un canon. Et puis, surtout, essentiellement surtout, il y des réserves d’eau qui vont devenir des cascades, des ruisseaux, des douches, des arroseuses, des fontaines désaltérantes.
L’eau, ça coule, ça mouille, ça lave, ça délave, ça chatouille la peau. Quand elle se transforme en flaque, c’est un tambourin à éclaboussures aux sonorités humides ; c’est un accueil flopflop pour les godasses, les chaussettes et, enfin, les pieds nus. Fous rires garantis, jappements de chiots heureux en prime.
Après tout cela, puisqu’il y a du sable, pourquoi ne pas réinventer la plage ? Et hop ! des pâtés géants ! des cumulets d’été ! Noemi Tiberghien et Étienne Sterck sont redevenus des enfants et s’amusent sur scène avec un entrain juvénile qui déborde parfois sur le public. Beaucoup d’actions, peu de mots et un plaisir contagieux que les petits peuvent partager et prolonger en toute sécurité par la visite, après le spectacle, d’un mini-chantier à leur mesure.
Michel VOITURIER, envoyé spécial à Huy









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