Critique - Jeune Public - Huy
Zazie et Max
Zézettes contre zizis : égalité partout
Par Michel VOITURIER
L’histoire est simple et limpide. Max, vexé de voir les qualités attribuées aux garçons se retrouver chez une fille, mène l’enquête pour savoir si Zazie ne serait pas en réalité un gamin déguisé en gamine. Chaque étape de ses investigations est parsemée de gags irrésistibles.
Au fil des épisodes, les stéréotypes réservés à chaque sexe sont mis en danger et ne résistent guère à une confrontation. Ils s’effritent les uns après les autres. Ceux qui sont associés aux caractéristiques physiques sont les premiers à se retrouver k.o. Ceux qui sont issus du poids culturel d’une tradition ancrée dans un passé plus ou moins lointain ont plus de mal à encaisser la réalité vécue.
Le plus frappant sera sans doute cette opportunité démonstrative née de l’éblouissement de Max devant une robe qu’il aimerait voir portée par Zazie. De défi en défi, chacun se trouve acculé à l’essayer. Stupéfaction : l’habit va à merveille au galopin qui se sent même à l’aise en exécutant des pas de danse dignes d’un ballet. Effarement : sur l’anatomie de Zazie, la toilette ressemble à un sac à patates plutôt qu’à une tenue de haute couture.

Le spectacle est enlevé, cavalcadant. Il fait appel à d’expressives marionnettes petites, moyennes et grandes mais il arrive que Sophie Linsmaux et Coralie Vandelinden quittent leur rôle de manipulatrices pour passer à celui d’actrices. Ce va-et-vient entre les poupées et les interprètes se pratique de manière naturelle, accentuant la connivence qui existe entre pantins et humains. Il augmente aussi la potentialité de trouvailles drolatiques prenant parfois d’autres supports, telle une projection d’images-collages, telle une bande son d’atmosphère de supermarché.
Derrière le rire, la leçon de l’égalité des sexes s’impose. Les remises en question sont sans contestation possible évidentes. Et il n’y a pas que les écoliers qui sont susceptibles d’avoir à revoir leurs positions quant aux potentialités sociales et émotionnelles des femmes comme des hommes.
Michel VOITURIER, envoyé spécial à Huy










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