Mouna et Cathy sont voisines. Mouna et Cathy sont copines. Mouna et Cathy sont nées en Belgique. Mais l’une a des parents noirs et l’autre des poux et une famille blanche. Celle-ci collectionne une foule de préjugés au sujet de ceux qui sont différents d’elle. Les deux gamines vont entretenir pendant quelques années une amitié sans faille qui cessera brutalement à l’adolescence.
Leur rapprochement sera l’occasion de poser une impressionnante série de questions sur ce qu’est l’origine de quelqu’un, sur la perception que les majorités peuvent avoir à propos des minorités, sur les différences culturelles dues à un quotidien différent. Elles partagent les impairs commis par des professeurs pas très psychologues, des médecins de visites médicales scolaires n’ayant pas le temps d’avoir du tact. Elles comparent les injures qu’on leur jette l’une à cause de sa couleur de peau, l’autre de sa situation sociale plutôt médiocre.
Simple et direct
La simplicité et la vitalité se conjuguent en un spectacle dynamique, joué avec une énergie vocale et corporelle constante par deux jeunes comédiennes, Annette Gatta et Catherine Picalausa. Et ce dans un décor minimum puisque constitué de deux ou trois accessoires et d’un couple de volumes lumineux sur roulettes dont la couleur change à volonté et dont le déplacement délimite l’espace réservé à chaque séquence.
L’intensité se base sur des répliques courtes, des échanges verbaux vifs, des paroles directes et un humour qui révèle la lucidité des deux enfants par rapport au monde dans lequel elles vivent. C’est une façon joyeuse d’aborder les problèmes fondamentaux de l’intégration sociale ou culturelle, de la lutte contre les idées préconçues, de l’amitié solidaire, d’une certaine nostalgie de l’enfance.
Michel VOITURIER, envoyé spécial à Huy









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