Ne pas connaître son père, être séparé de sa mère depuis des années, voilà qui taraude Til. Maintenant que ce sont les vacances et qu’il croit tenir une adresse possible, il s’en va vers celle qui ne lui a jamais fait signe.
Il a un ami, Lot. À deux, ils font la paire d’ados livrés à eux-mêmes. Le premier est du genre « j’en ai envie donc je fais » ou « je le sens bien donc j’y vais », impulsif, lié au présent sans projection vers l’avenir donc vers les conséquences de ses actes. L’autre est bouillonnant d’idées, un peu timoré, aspirant à une liberté qu’il s’avère incapable de concrétiser.
Une série de saynètes brèves décrivent les comportements, la mentalité des adolescents. Elles se succèdent avec des nécessités variables quant à leur rapport avec la quête de la maman. Elles ouvrent parfois des pistes du côté d’éléments annexes qui ne permettent guère à l’histoire de progresser. Ainsi de ce cambriolage avorté, de cette rencontre avec un homosexuel qui vient les relancer, de cette promenade spéléologique tâtonnante.

Dispersion des thèmes, ambiguïté des situations
La trouvaille d’une mise en scène assez conventionnelle, c’est ce cube géant, amoncellement de palettes superposées dans lesquelles s’entassent des objets hétéroclites dont certains deviennent, le temps d’une séquence, le signe qui crée l’ambiance d’un lieu. Une partie du cube, praticable, servant d’ailleurs de véritable décor, tel le refuge en montagne ou le bar tenu par la mère supposée.
Le texte parie souvent sur l’ambigüité. La voix off entendue au début est-elle celle de la maman ou d’un fantasme propre au fiston ? Question identique lorsque cette même voix est utilisée avec présence réelle du personnage usant d’un micro ?
Pour entretenir l’équivoque, une partie des dialogues s’appesantit sur les non-dits au moyen des phrases en suspens, quelquefois artificiellement enfilées. Cela manque de subtilité. Aussi la fin, ambivalente elle aussi, laisse-t-elle une frustration bizarre : non seulement les thèmes surajoutés ne sont nullement développés, mais il n’est pas clair que le fils ait retrouvé sa génitrice, pas plus qu’elle n’a peut-être jamais reconnu son rejeton.
Michel VOITURIER, envoyé spécial à Huy









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