Le point de départ de cette comédie est là : un père, supplanté par la fiction de l’internet et des jeux vidéo veut récupérer son fils en le maintenant derrière l’écran et le soumettant à des épreuves. L’ado râle et panique, revendique son droit à être libre. Mais il est au cœur même de son addiction. Heureusement, une copine de classe, Lola, débarque et vient au secours du prisonnier en partageant son sort.
L’idée de départ est plaisante. Elle permet d’évoquer la fascination exercée sur les ados et pas mal d’adultes par les possibilités de l’informatique. Elle amène à se poser des questions sur l’emprise et les dérives de ces réseaux sociaux où on devient ami parce qu’on envoie une photo et un nom et non parce qu’on a des qualités humaines à partager. Elle plonge au sein de ces jeux de rôles qui, comme la téléréalité, font miroiter soit un univers de monstres contre lesquels il faut lutter et devenir victorieux, soit un monde paradisiaque d’amour sirupeux dans un environnement consumériste

Une forme indigente et surabondante
Trop de pistes sont données en pitance au spectateur : rapports père-fils, contacts humains malaisés entre des êtres complexés qui ne parviennent pas à exprimer leurs sentiments, tiraillements des enfants de parents divorcés, désintérêt envers une école qui suinte l’ennui, besoin artificiellement entretenu de faire la fête, spectre de la crise économique qui gangrène l’emploi et met les travailleurs sous la coupe des actionnaires de multinationales, aiguillon d’une sexualité à assumer, références culturelles à l’antiquité… Tout est effleuré et enfoui sous l’accumulation.
Par ailleurs, difficile, sans l’apport de trucages onéreux, de rendre crédible la situation posée. Pas facile de rendre plausible le fait que la copine puisse entrer, sortir et rentrer dans l’écran, d’autant que le jeu des comédiens reste superficiel.
Que dire alors de cette volonté, sans doute très mode, d’écrire des dialogues en les truffant de rimes de caramel comme dans le rap de consommation courante ? Cette contrainte oblige les phrases à se tourner elles-mêmes en ridicule et accentue l’impression que tout a été construit en fonction d’une démonstration moralisante et aucunement dans le but de susciter un plaisir dramatique.
Michel VOITURIER, envoyé spécial à Huy










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