Planqué dans un trou pas trop éloigné du trou où se planque l’ennemi, un soldat attend pour tuer tout ce qui bougera. Rien ne bouge. Il revoit et revit alors tout le processus qui l’a mené à haïr quelqu’un qu’il ne connaît pas et semble assez semblable à lui.
Alors que les conflits armés sévissent un peu partout sur notre planète, un propos pacifiste n’est jamais malvenu. Confirmer leur absurdité est nécessaire puisque, bien que tout le monde (hormis les extrémistes, hélas en croissance !) le sache, les armes pullulent, les cadavres s’amoncèlent, les budgets militaires gonflent.
Bernard Massuir a choisi le biais de l’humour et de la dérision. Il met en présence un jeune soldat à l’apparence naïve et son alter ego, tout à la fois commentateur et accessoiriste, double de lui-même, supérieur hiérarchique, théoricien idéologique, conseiller stratégique. Il utilise des éléments volontairement distanciés. À savoir des armes, des casques, des moustaches, un manuel d’instruction, du linge de corps, une missive familiale… en découpes de carton au graphisme noir et blanc, sortis à l’évidence d’une B.D.
Le comique est d’abord basé sur la répétition puisque la monotonie d’une stratégie de l’attentisme et le rabâchage doctrinaire sont omniprésents. Répliques et situations virent au loufoque grâce à des accélérations dans les mots et les gestes en vue de souligner l’inanité même qui les anime.
Sans toujours éviter les stéréotypes, même si c’est pour dénoncer, l’ensemble est drôle. Certaines scènes sont même savoureuses : le trajet balistique des balles échangées entre belligérants, la visite matinale du gradé chargé d’entretenir le moral des troupes. Comment estimer son impact sur les enfants alors que ce spectacle, face aux technologies guerrières sophistiquées actuelles, a un air désuet ?
Michel VOITURIER, envoyé spécial à Huy









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