Le bureau des histoires
Publié le 19 août 2010
Dans un monde déconnecté du mercantilisme forcené, existerait un service auquel il suffit de téléphoner avant d’aller dormir pour s’entendre raconter un conte choisi. Visite dans les coulisses de cette administration antidote à la télévision et antichambre de la lecture.

Dans un salon en noir et blanc dont le graphisme rappelle des gravures de jadis, doté d’un téléphone antédiluvien, Benjamin, Carine, Alain et Jean sont au service des auditeurs qui leur demandent une histoire avant de s’endormir. C’est un métier qu’ils pratiquent avec l’enthousiasme des enfants. Ceci n’empêchant pas des tensions entre eux par jalousie, gaucherie, maniaquerie, étourderie. Mais le plaisir de conter passe avant tout car la bonne humeur est de rigueur.

Carine prend les appels et joue à l’infirmière. Alain est au piano, créateur des décors sonores. Benjamin et Jean manipulent des ombres chinoises et, accessoirement, le premier répare la chaudière et le second découpe des silhouettes de trains pour compenser celui qu’il rate très souvent. Tous racontent et chantent, se chamaillent gentiment.

Le théâtre comme une lanterne magique

Du spectaculaire poétique

Les récits proposés ne sont ni effrayants,  ni pourvus de héros fracassants. Ils s’apparentent de préférence au quotidien avec de petites touches de merveilleux. Ils sont illustrés par de superbes ombres chinoises. C’est la spécialité du Théâtre du Tilleul et il en a une maîtrise exceptionnelle. Un véritable régal d’autant que chaque séquence est différente dans le maniement des figurines, dans l’utilisation de l’éclairage, dans les possibilités de métamorphoses des formes ou des détails.

Le jeu des acteurs est celui de la comédie, attentif au rythme. Un travail bien plus efficace pour l’humour que le surjeu du boulevard auquel ont été habitués les téléspectateurs. Il est construit sur la délicatesse, l’attention portée aux éléments mineurs comme de petits gestes, des attitudes, des mimiques, des regards, un ton de voix. De là, une cohérence de propos et une cohésion des interprètes qui donnent du poids à ce divertissement intelligent, entamé sous l’égide du noir et blanc et achevé dans l’allégresse des couleurs.

Michel VOITURIER, envoyé spécial à Huy

Huy - Huy 2010 - Rencontres Théâtre Jeune Public - Belgique Du 17/08/2010 au 18/08/2010 à 10h - 14h Centre culturel de l'Arrondissement de Huy Avenue Delchambre 7A Téléphone : 085 21 12 06. Site du théâtre  

Le bureau des histoires

de Carine Ermans

Jeune Public
Mise en scène : Sabine Durand
 
Avec : Carine Ermans, Jean-Dominique Kerignard, Alain Gilbert, Benjamin Van Thiel

Conception, texte : Carine Ermans

Collaboration dramaturgique : Marie-Kateline Rutten, Louis-Dominique Lavigne

Scénographie : Pierre-Francois Limbosch, Alexandre Obolensky

Silhouettes : Nicolas Bovesse, Carine Ermans, Michel Liégeois, Julie Michaud, Christophe Morisset, Mélanie Rutten

Éclairages : Nathalie Borlée

Régie : Sylvain Geoffray

Film d’animation : Zorobabel - Caroline Nugues

Masques, accessoires : Elisabeth Houtart, Michel Vinck

Chorégraphie : Isabelle Lamouline

Musique : Alain Gilbert

Ombre : Simon Elst

Costumes : Sylvia Hasenclever, Bert Menzel

Durée : 1h00 Photo : © Danièle Pierre  

De 5 à 8 ans

Production : Mark Elst

Coproduction : Théâtre de la Balsamine

 

Lectures:

 Uri Shulevitz, Il neige (Snow)  (éd. Kaléidoscope)

 Donald Crews, Un train passe (Freight train) (éd. L’école des loisirs)

 Mary Hall Ets, Dans la forêt (In the forest) (éd. L’école des loisirs)

 Peter Neumeyer, Donald has a difficulty (éd.Harry N. Abrams Inc)

 Margaret Wise Brown, Bonsoir lune (Goodnight Moon) (éd. L’école des loisirs)